
1. Benjamin West (1738-1820)
Phaëton sollicitant auprès d’Apollon la
conduite du char du Soleil, 1804
Huile sur toile - 142 x 213 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. Rykner
21/10/08 – Accrochage – Paris, Musée du Louvre – Nous avions signalé, l’an dernier, l’acquisition par le Louvre d’un tableau de Benjamin West (voir brève du 29/7/07). Celui-ci nécessitait une restauration et nous ne connaissions le tableau que sur photo.
L’œuvre vient d’être accrochée dans la Salle des Sept Cheminées et il s’agit d’un véritable chef-d’œuvre qui contient tout ce que l’art de Benjamin West peut avoir de séduisant. Le vernis jaune enlevé, le tableau a retrouvé ses coloris d’une infinie subtilité (ill. 1). Nous écrivions que celui-ci était « pleinement néoclassique », un qualificatif qu’il convient de nuancer tant l’influence du Girodet ossianesque, que nous évoquions déjà, est frappante. On est loin du classicisme d’inspiration poussinesque de David.
Ce tableau, comme les Dubufe dont nous parlions dans la brève précédente, montre une nouvelle fois à quel point les classifications habituelles de « néoclassique » et de « romantique » sont en grande partie impuissantes à rendre compte de la complexité de la peinture européenne de la première moitié du XIXe siècle. Pour bien des œuvres, ces composantes sont présentes simultanément.
La Salle des Sept Cheminées, qui accueille temporairement une partie trop réduite de la collection anglaise1, présente un mur entier d’œuvres du romantisme britannique (ill. 2) dont plusieurs ont été acquises dans les dernières décennies : de gauche à droite, et de haut en bas, on peut voir le Benjamin West, La Forêt hantée de Henry Singleton (achat de 1984), Titiana endormie de Richard Dadd (1997), Lady Mabeth somnambule de Henry Fuseli (1970), Bacchante au tambourin de William Etty (légué en 1970), La Croix dans la solitude de Thomas Cole2 (1975) et le Pendemonium de John Martin (voir brève du 13/12/06).

