8/9/11 - Patrimoine - Versailles, Domaine national du Château et des Trianons - Alors qu’elle n’a pas encore pris sa fonction de présidente de Versailles, Catherine Pégard risque d’être rapidement confrontée à une question cruciale.
Jean-Jacques Aillagon avait promis – et tenu sa promesse – de supprimer les gradins qui défiguraient pendant plusieurs mois le bassin de Neptune et de ne plus y organiser de spectacles. Selon Les Nouvelles de Versailles du 7/9/11, Laurent Brunner, directeur de Château de Versailles Spectacles, souhaiterait obtenir le retour de ces mêmes gradins. Nous avons donc interrogé celui-ci, qui a démenti avoir tenu de tels propos. Il n’aurait simplement pas exclu cette possibilité lorsque la journaliste l’avait évoquée. Il n’empêche que Laurent Brunner, lorsqu’on lui pose la question de savoir s’il parlera de ce sujet avec la nouvelle présidente, n’a pas nié que cela était probable.
Pour l’essentiel, le président de Château de Versailles Spectacles pose la question en terme de nuisances pour les riverains, signalant que pour certains concerts, il n’y avait pas eu de plaintes. Il pense qu’il est possible de trouver des solutions qui arrangent tout le monde, en reconnaissant qu’il est impossible de revenir aux simples gradins en bois, disposés très temporairement, qui existaient pour l’organisation de fêtes pyrotechniques. Ces installations, qui ne mettaient pas le site en danger, ne peuvent plus être envisagées selon lui pour des raisons de confort et de sécurité.
Il est donc clair que le directeur de Château de Versailles-Spectacle ne verrait pas d’un mauvais œil le retour des gradins mis en place par Christine Albanel.
Selon Les Nouvelles de Versailles, le maire François de Mazières, ne serait pas hostile à cette proposition, « sous condition », et pourvu que « la Ville en retire quelque chose ».
Les nuisances envers les riverains sont une chose. Les dangers que font courir ces gradins au site du Bassin de Neptune et donc au parc en sont une autre, bien plus grave encore. Il faut craindre, une nouvelle fois, une décision qui mettrait en danger un site fragile qui n’a aucunement vocation à devenir une salle de concert. Il faut espérer que Catherine Pégard opposera fermement une fin de non recevoir à une demande dont il n’y a pas lieu de douter qu’elle lui sera faite très rapidement. Cela lui permettrait de gagner à peu de frais un peu de la légitimité qui lui manque tant.
Mise à jour du 8/9/11 à 18 h 50 :
Après la parution de cet article, Laurent Brunner nous a envoyé ce petit texte qui confirme ce qu’il nous avait dit par téléphone :
« A la question de savoir si des spectacles pourraient avoir à nouveau lieu sur le bassin de Neptune, il reviendra à la nouvelle présidente de l’EPV de répondre. Mais cette hypothèse ne peut être exclue, tout d’ abord parce que cela relève d’ une tradition très ancienne à Versailles, ensuite parce que cela répond à une véritable demande du public (comme des hôteliers, restaurateurs d’ailleurs), enfin parce que ce lieu est idéal pour présenter des spectacles scéniques. Les avantages et les inconvénients du gradin construit pour ce site peuvent être discutés : nous avons ces dernières années été très attentifs aux conditions de montage et d’exploitation, qui se sont nettement améliorées. La durée de cette implantation peut être repensée, ainsi que le type de spectacle présenté, comme le suggère Francois de Mazieres. Le gradin existe, en tout état de cause, et le laisser à la ferraille ferait peu de cas du coût de cet investissement, et de la satisfaction qu’il a apportée au public des spectacles (plus de 340.000 personnes en tout) : données qui sont à prendre en compte autant que les avis des détracteurs. »
On constate donc que nos craintes sont tout à fait fondées. On appréciera les arguments employés par le directeur de Château de Versailles Spectacles (la demande du public et des restaurateurs et hôteliers) pour justifier l’injustifiable. Nulle part la conservation du patrimoine, la beauté des lieux ou le fait qu’il s’agisse d’un site classé n’entrent en ligne de compte. Il convient de rester plus vigilant que jamais.

