Lancement du projet d’extension du Musée d’Unterlinden


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1. Anciens bains municipaux, 1906
Colmar
Photo : Didier Rykner

12/3/10 – Extension de musée – Colmar, Musée Unterlinden – Mondialement connu pour le Retable d’Issenheim de Matthias Grünewald, le Musée Unterlinden à Colmar conserve, outre une importante collection de peintures et de sculptures germaniques des XVe et XVIe siècle, une section archéologique et un important fonds du XXe siècle. Installé dans le couvent de dominicaines qui lui a donné son nom, ses espaces d’accueil et d’exposition sont insuffisants pour lui permettre de présenter l’ensemble de ces œuvres.

La Ville de Colmar a donc décidé, en accord avec la Société Schongauer qui gère le musée, d’agrandir celui-ci avec l’objectif avoué de doubler sa fréquentation (200 000 visiteurs par an actuellement). Le financement de cette opération, d’un montant total de 28 millions, est déjà assuré à hauteur de 24,5 millions par la ville, le département et la région, ainsi qu’avec la Société Schongauer. 3,5 millions d’euros restent à trouver pour lesquels a été lancé, auprès des entreprises régionales et nationales, un appel à mécénat.

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2. Projet Herzog & de Meuron pour
l’extension du Musée d’Unterlinden
A gauche, le couvent qui abrite le musée actuellement
Au milieu, les anciens bains municipaux
A droite, le bâtiment qui accueillera les collections
contemporaines
© Herzog & de Meuron

Un concours a été organisé pour cette extension, gagnée par le cabinet Herzog & de Meuron, auteur d’un projet qui, sur le papier, paraît très séduisant et respectueux du lieu1.
L’extension sera abritée d’une part dans un bâtiment situé à proximité immédiate du couvent, les anciens bains municipaux (ill. 1), un édifice édifié en 1906 dans un style plus académique que réellement Art Nouveau, d’autre part dans une construction nouvelle qui s’élèvera derrière les bains sur un terrain occupé actuellement par des constructions récentes sans intérêt. Le nouvel édifice, entièrement recouvert de brique (ill. 2), semble très élégant. Il abritera à terme les collections du XXe et du XXIe siècle, l’archéologie et l’art ancien pouvant se déployer de manière plus ample dans l’ancien couvent. Un édicule construit dans les mêmes matériaux sera construit à l’angle du bâtiment des bains à l’emplacement d’une maison aujourd’hui détruite.
La place séparant le couvent du bâtiment des bains laissait autrefois apparaître le canal de la Sinn, qui est aujourd’hui couvert, l’espace étant occupé par la gare routière. Le projet prévoit de remettre une partie du canal à l’air libre tout en reliant les deux parties du musée par un souterrain.

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3. Bains municipaux
Bassin principal qui deviendra auditorium
Photo : Didier Rykner


Il est difficile de ne pas évoquer le musée de Roubaix lorsqu’un établissement tel que celui-ci s’installe à son tour dans une piscine. Si l’architecture n’en est pas aussi belle, l’ensemble n’est pas sans qualité. L’atrium central, qui abrite la piscine elle-même (ill. 3), ne servira pas de lieu d’exposition mais sera utilisé comme auditorium, le bain étant entièrement comblé. Il faut espérer que cet aménagement soit fait avec tact en conservant un maximum d’éléments d’origine.

Les études de programmation sont encore en cours et les travaux doivent démarrer en 2011. L’inauguration est prévue en septembre 2013.

English version


Didier Rykner, samedi 13 mars 2010


Notes

1Rappelons tout de même que ce même cabinet est l’auteur de la désastreuse tour Triangle de la porte de Versailles à Paris, dont il faut souhaiter qu’elle ne soit jamais construite





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