8/1/09 – Patrimoine – Sassenage, Château – Nous nous étions largement fait l’écho, l’année dernière, de la vente prévue par la Fondation de France d’une partie du mobilier du château de Sassenage (ill. 1), finalement annulée à la dernière minute par le Tribunal de Grande Instance de Paris (voir l’article).
Ce contexte complexe et passionné paraît avoir fait place à un climat beaucoup plus serein et à la volonté de sortir par le haut de ce dossier. Le dialogue entre la Fondation de France et le Conseil Général a repris dans de bonnes conditions, même si ce dernier ne semble décidément pas prêt à reprendre l’ensemble, château et dotation. Mais la Fondation a manifestement été impressionnée par la mobilisation qu’a suscité le projet de vente. Selon son directeur, Francis Charon : « il y a eu une crise, et celle-ci a permis de ressouder tout le monde autour d’un projet ; on a regardé ce qui s’est passé, profitons de la mobilisation pour en tirer quelque chose de positif qui nous amènera à préserver l’ensemble » Pour y arriver, la Fondation de France lance un fonds de souscription qui sera consacré à la sauvegarde du château. Son objectif est de réunir au moins deux millions d’euros, qui permettront de réaliser les travaux indispensables à l’activité du château, dont la réhabilitation de l’ « Orangerie » (en réalité une partie des communs, ill. 2), celle du jardin et l’entretien du château lui-même.

3. Salon du château de Sassenage
(au mur, copies XVIIe des fresques de
Raphaël à la Farnésine)
Photo : D. Rykner
Le mobilier devait rapporter un million d’euros, on peut donc penser que cette souscription, si elle est un succès, permettra de renoncer définitivement à cette vente qui n’était suspendue, rappelons-le, que pendant deux ans. C’est en tout cas le souhait de Francis Charron : « notre désir, c’est de conserver l’intégralité du patrimoine ».
Les dons des mécènes sont, rappelons-le, sujet à déduction fiscale : pour les sociétés, ils sont déductibles à hauteur de 60% de leur montant dans la limite de 5 pour 1000 du chiffre d’affaires hors taxes, reportable sur cinq années ; pour les particuliers, la déductibilité peut se faire sur l’impôt sur le revenu, à hauteur de 66% du montant du don (dans la limite de 2% du revenu annuel) ou de l’ISF à hauteur de 75% du montant du don (dans la limite de 50 000 €). On trouvera les détails complets sur les sites du château de Sassenage et de la Fondation de France.

4. Pierre-Louis Cretey (Avant 1638-après 1696)
Vénus demande des armes à Vulcain pour Enée,
vers 1683-1687
Huile sur toile - 383 x 248 cm
Sassenage, château
Photo : Château de Sassenage

5. Pierre-Louis Cretey (Avant 1638-après 1696)
Enée et la Sybille de Cumes, vers 1683-1687
Huile sur toile - 238 x 229 cm
Sassenage, château
Photo : D. Rykner
Revenons rapidement sur le château lui-même que nous n’avions pu visiter l’année dernière. Il est exact, comme nous l’affirmait Dominique Lemaistre, directrice du mécénat à la Fondation de France, que celui-ci restait meublé malgré la vente prévue (ill. 3). Cependant, plusieurs objets qui devaient passer aux enchères faisaient bien partie des œuvres les plus importantes de l’ensemble. L’argument de la conservation en réserves ne tenait pas vraiment : même si une partie du rez-de-chaussée et du deuxième étage ne doit pas être trop surchargé pour permettre l’activité « économique » (organisation de séminaires, mariages, etc.) il y a suffisamment de place, notamment au premier étage, pour y installer l’intégralité du mobilier.
Quant aux tableaux, les plus intéressants sont immeuble par destination, raison probable pour laquelle ils n’étaient pas classés (et n’étaient d’ailleurs pas prévus dans la vente). Il s’agit de deux grandes toiles de Pierre-Louis Crétey (ill. 4 et 5) inscrites dans des boiseries, publiées récemment par Guillaume Faroult1. Signalons que le Musée des Beaux-Arts de Lyon prépare une grande exposition consacrée à cet artiste lyonnais du XVIIe siècle.


