La Vue d’Avignon de Joseph Vernet acquise par Axa pour le Louvre (ou Avignon)


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Claude-Joseph Vernet (1714-1789)
Vue d’Avignon, de la rive droite
du Rhône, près de Villeneuve
, 1757
Huile sur toile - 99 x 182,7 cm
Acquis par Axa pour le Louvre,
Londres, 3 juillet 2013
Photo : Sotheby’s

4/7/13 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - La Vue d’Avignon de Joseph Vernet, dont nous parlions dans notre brève consacrée aux ventes aux enchères londoniennes, a atteint la somme de 5 346 500 £ avec les frais, soit l’équivalent de 6,3 millions d’euros. Il s’agit d’un record pour l’artiste, mérité car ce tableau est incontestablement un chef-d’œuvre absolu.

Grâce au mécénat d’Axa, dont un représentant a enchéri lors de la vacation, ce tableau rejoindra probablement les collections françaises. Nous écrivons « probablement » car il faut encore que l’Angleterre en autorise la sortie. On sait que le ministère de la Culture britannique peut, pendant quelques mois, en interdire la sortie. Le Louvre en sera-t-il le destinataire ultime, ou le Musée Calvet pourra-t-il bénéficier d’un dépôt qui serait très bien venu puisque ce paysage est la seule représentation connue de Vernet de sa ville natale ? Pour des raisons évidentes (l’œuvre vient d’être vendue et le classement comme trésor d’importance patrimoniale majeure n’a pas été encore validé), aucun des deux musées n’a souhaité faire de commentaires.

Une fois de plus, le système des trésors nationaux va permettre aux musées français de s’enrichir d’une œuvre majeure ayant, qui plus est, quitté depuis longtemps le patrimoine national.
Il est donc incroyable que la Cour des Comptes ait osé préconiser, dans son dernier rapport, de supprimer le système des trésors nationaux qui, grâce à une déduction fiscale de 90%, permet encore - de moins en moins hélas - aux musées d’acquérir des œuvres majeures. Dans un contexte où les crédits d’acquisition fondent comme neige au soleil, la disparition de ce dispositif (qui n’a occasionné à l’État un manque à gagner que de 16 millions d’euros) serait d’autant plus grave.

Notons aussi que, dans ce même rapport, la Cour des Comptes recommande à la fois une « modération du rythme de classement [de monuments historiques] » et « l’ajustement à la baisse des taux d’intervention financière [de l’État] ». François Hollande qui, contrairement à ses promesses, a baissé en 2013, et rebaissera en 2014 (de 2,8%) le budget de la Culture, n’a pas besoin d’être ainsi encouragé à devenir le fossoyeur du patrimoine. On remarquera ici, outre le caractère scandaleux de ces propositions, que celle de réduire le nombre de classements est tout simplement illégale : la loi, en effet, ne prévoit aucun critère financier pour décider des protections. Celles-ci sont uniquement fonction du caractère historique et artistique des monuments.


Didier Rykner, jeudi 4 juillet 2013





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