La trop courte exposition Odiot déjà terminée, reste son catalogue


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1. Atelier de Jean-Baptiste-Claude Odiot
Girandole à quatre branches, vers 1810/15
Graphite, plume et encre grise,
lavis gris - 59 x 43 cm
Paris, Musée des Arts décoratifs
Photo : Musée des Arts décoratifs
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10/5/17 - Exposition et publication - Paris, Musée des Arts décoratifs - Alors que la rétrospective Gouthière (voir l’article) dure fort logiquement trois mois (et même un peu plus, jusqu’au 25 juin), on ne comprend pas pourquoi la très belle exposition consacrée à l’orfèvre Odiot n’a duré que deux mois, ce qui nous empêche de publier dans les temps un article qui aurait permis d’y renvoyer nos lecteurs. Ceci est d’autant plus incompréhensible qu’il s’agissait essentiellement de montrer des œuvres appartenant au Musée des Arts décoratifs lui-même, sans qu’aucun problème de prêteur ne vienne expliquer ce temps beaucoup trop court.

Pour ceux qui n’auraient pas pu la voir, il reste l’excellent catalogue écrit par la commissaire, Audrey Gay-Mazuel, et Julie Ruffet-Troussard. On pourra y voir reproduit intégralement le fonds de dessins (ill. 1) acquis il y a quelques années grâce à un classement trésor national (voir la brève du 26/1/09 et celle du 22/12/09). L’indifférence scandaleuse de l’actuelle direction des Patrimoines pour les trésors nationaux fait regretter un temps pas si lointain pourtant où les possibilités que donnait le mécénat pour acheter des œuvres majeures étaient encore réellement exploitées. Nul doute que si un fonds pareil réapparaissait aujourd’hui, on s’empresserait de ne surtout rien faire pour tenter de le faire entrer dans une collection publique.

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2. Atelier de Jean-Baptiste-Claude Odiot
Modèle et dessin d’Adrien-Louis-Marie Cavelier
présentés l’un à côté de l’autre dans l’exposition
Paris, Musée des Arts décoratifs
Photo : Didier Rykner
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L’exposition avait le grand mérite, que l’on retrouve dans le catalogue, de mettre en regard les dessins de l’atelier d’Odiot avec certains des modèles qu’ils préparaient (ill. 2). Le Musée des Arts décoratifs conserve en effet trente-trois pièces offertes par Odiot lui même. Trente-et-une d’entre elles ne sont pas en argent mais en bronze, car elles servaient de modèle. Curieusement, au début du XXe siècle, ces modèles furent argentés ou dorés par la maison Christofle à la demande du musée, une pratique qui aujourd’hui serait largement condamnée. Il reste qu’il est presque impossible de distinguer un bronze argenté ou doré d’une pièce en argent ou en or.
Tous les dessins du fonds ne sont pas de la même main, et si certains restent anonymes sous ce terme générique, d’autres ont pu être attribués sur des bases stylistiques à ses collaborateurs Auguste Garneray et Adrien-Louis-Marie Cavelier, tandis que certains modèles sont dus à Charles-Jean-Alexandre Moreau, lui aussi assistant d’Odiot. Quelques feuilles sont données au fils d’Odiot, Charles-Nicolas, également orfèvre. Il est passionnant de voir comment certaines pièces donnent lieu à des variantes se basant sur les mêmes motifs. L’exposition montrait également, en présentant un modèle entièrement démonté (ill. 3), comment une pièce d’argenterie est en réalité constituée d’un très grand nombre de petites pièces assemblées.


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3. Modèle de soupière démonté dans l’exposition Odiot
Photo : Didier Rykner
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Tout cela n’est donc plus visible. On renverra donc au catalogue qui répertorie l’ensemble des œuvres du fonds Odiot (dessins et argenterie) que conserve le musée. Signalons aussi que le site internet odiot.lesartsdecoratifs.fr permet de retrouver toutes ces œuvres en ligne.


Sous la direction d’Audrey Gay-Mazuel, Odiot. Un atelier d’orfèvrerie sous le Premier Empire et la Restauration, Union Centrale des Arts Décoratifs, 2017, 239 p., 45 €. ISBN : 9782916914688.


Didier Rykner, mercredi 10 mai 2017





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