La Tate acquiert un tableau de William Stott


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William Stott of Oldham (1857–1900)
Le Passeur, 1882
Huile sur toile - 109 x 214 cm
Londres, Tate Britain
Photo : Tate Photography

29/11/16 - Acquisition - Londres, Tate Britain - À Grez-sur-Loing, non loin de Barbizon, vivait dans la second moitié du XIXe siècle une communauté d’artistes notamment scandinaves et anglo-saxons ; parmi eux, William Stott of Oldham peignit Le Passeur sur les rives du Loing.
L’œuvre, qu’on avait pu voir en 2015 à la TEFAF sur le stand de la Fine Art Society, a été acquise par la Tate Britain, grâce à la participation financière de The Art Fund, The Heritage Lottery Fund et la Hintze Family Charitable Foundation. Elle sera exposée au musée d’Oldham, ville natale du peintre (qui l’a ajoutée à son nom pour se distinguer d’Edward Stott), puis au musée d’Aberdeen, à celui de Southampton enfin, avant d’être présentée à la Tate en avril 2017 où elle rejoindra une autre peinture de Stott, la Fille dans la prairie de 1880.

Après une formation à la Manchester School of Art, William Stott partit pour Paris ; il s’inscrivit à l’École des Beaux-Arts en 1879 et se forma auprès de Léon Bonnat et de Jean-Léon Gérôme. À Grez-sur-Loing, où il séjourna entre 1880 et 1882, il côtoya plusieurs peintres suédois et norvégiens - peut-être y croisa-t-il Carl Larsson (voir l’article) qui peignit par exemple Le Vieil Homme dans la pépinière en 1883 - ainsi que l’Irlandais Frank O’Meara, l’Anglaise Bertha Newcombe, les frères américains Thomas Alexander et Lowell Birge Harrison ou encore Louis Welden Hawkins...
Il participa au Salon dès 1881, exposant La Tricoteuse et Une Rêve de Midi , puis obtint une médaille en 1882 pour Les Baigneurs et pour Le Passeur. En 1889, il bénéficia d’une exposition à la galerie Durand-Ruel.

On le cherche, ce « passeur », qui donne son titre au tableau sans en occuper le centre... Il se trouve au second plan à gauche : un homme sur sa barque est sur le point de traverser la rivière, observé depuis l’autre rive par deux fillettes montrées de dos au premier plan de la composition. La peinture peut se lire d’un point de vue symbolique, on pense bien sûr à Charon qui charge sur sa barque les ombres des morts et leur fait traverser le Styx ; les enfants évoqueraient alors les âmes. Mais l’on admire surtout la toile pour son réalisme poétique ; l’artiste a voulu avant tout saisir la lumière du crépuscule, traduire les reflets de l’eau. La composition se divise en grands bandes horizontales, la clarté grise et rose du ciel et de de la rivière alternant avec la terre et la verdure. Stott est influencé par le naturalisme français et par la peinture de plein air, plus particulièrement par l’art de Bastien-Lepage qui inspira bien d’autres artistes à Grez-sur-Loing, nuancé ici par un recueillement plus proche de Millet. L’intérêt pour le chatoiement fugace du soleil et de l’onde relève davantage des préoccupations d’un Monet. Il semble avoir trouvé un compromis entre naturalisme et impressionnisme, comme les Belges qui de leur côté ont développé le luminisme incarné par Emile Claus.

William Stott of Oldham a influencé l’Ecole de Glasgow, plus particulièrement les Glasgow Boys - Lavery, Roche, William Kennedy, Millie Dow... - qu’il rencontra à Paris et qui purent aussi voir ses œuvres au Royaume Uni.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 29 novembre 2016





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