La restauration (réussie) d’Azay-le-Rideau est terminée


21/9/17 - Patrimoine - Azay-le-Rideau, château - Nous avons à deux reprises parlé des travaux en cours à Azay-le-Rideau, l’une des plus grosses opérations qu’a menée récemment le Centre des Monuments Nationaux sur ses monuments, et qui comprenait aussi bien le parc, qui fut restauré il y a quelques années, que le château dont la restauration extérieure (façades et toitures), qui vient de s’achever (ill. 1 et 2), s’est combinée avec un remeublement effectué en partenariat avec le Mobilier National.


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1. Château d’Azay-le-Rideau
après restauration
Photo : Didier Rykner
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2. Château d’Azay-le-Rideau
après restauration
Photo : Didier Rykner
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3. Atelier de Philippe de Champaigne
Portrait de Louis XIII
Huile sur toile
Azay-le-Rideau, château
Photo : Didier Rykner
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Sur le remeublement, nous renverrons à l’article publié l’année dernière. Signalons que d’autres pièces ont pu bénéficier de dépôts du mobilier national, et que des peintures contribuent à rendre à ce château l’ambiance d’un lieu habité. Tout cela est très bien, d’autant qu’aucune reconstitution abusive n’a été menée depuis la chambre de Philippe Lesbahy (voir l’article), mais il faut tout de même signaler un point très agaçant : il n’y a aucun cartel, et le visiteur ne saura pas ce qu’on lui met sous les yeux, quels sont les auteurs des tableaux, s’il s’agit de copies ou d’œuvres d’atelier, ni quelle est leur provenance. Ce choix est assumé après avoir, nous dit-on, donné lieu à de nombreux débats. Nous pensons que ce parti pris - qu’on retrouve de plus en plus dans certains monuments - est mauvais. Car même si tel n’est pas l’objectif ni l’intention de ses promoteurs, il revient d’une certaine manière à mépriser le visiteur. Soit celui-ci connaît et aimerait avoir davantage de renseignements - on reconnaît bien un portrait de Louis XIII par Philippe de Champaigne (ill. 3), mais s’agit-il comme on peut le penser d’une œuvre d’atelier, et quelle est sa provenance ? Soit il ne connaît pas, et on lui dit ainsi : « tu n’as pas besoin de savoir ». Le « centre d’interprétation » qui a pour objectif louable de compenser l’impossibilité d’accès au château des handicapés (on ne peut installer un ascenseur sans le dénaturer gravement), et le bon goût d’être placé dans un bâtiment annexe (le pressoir) sans venir gêner le parcours, ne compense aucunement ce manque d’informations.

Ceci dit, cette restauration confirme ce que nous espérions dans notre premier article : la maîtrise d’ouvrage a été parfaitement menée, les principes de restauration consistant à respecter le monument et à ne pas le restaurer outrageusement ont été suivis et l’opération est une réussite exemplaire. Le château apparaît propre, en bon état, mais pas neuf. Il est métamorphosé sans avoir fondamentalement changé. Il faut donc féliciter le CMN et l’architecte en chef des monuments historiques Arnaud de Saint-Jouan pour ce beau résultat. C’est bien plus important que la pose de cartels qui pourront toujours - on l’espère - être ajoutés.


Didier Rykner, jeudi 21 septembre 2017





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