La première restauration du château de Blois : Lettres de Félix Duban à Jules de la Morandière (1843-1870) Contenu abonnés


Edition : Françoise Boudon

L’invention des lettres de Duban par Francesca Rose1 et une première transcription au moment de l’exposition Duban au château de Blois ont tout de suite été comprises comme quelque chose d’important. Le matériau que Françoise Boudon mit alors avec sa générosité habituelle à la disposition des chercheurs a pu être ainsi utilisé à la fois pour un indispensable travail de fonds sur un architecte qu’on découvrait2 et pour documenter les travaux du XIXe siècle au moment où il était question d’une nouvelle restauration du château.

L’édition critique impeccable qui nous est aujourd’hui livrée est importante, pour au moins trois raisons : le matériau commode mis à disposition des chercheurs va permettre de mieux comprendre la part et le rôle des acteurs de ce qui se passe autour du château de Blois entre 1843 et 1870 ; les lettres éclairent vivement la personnalité de l’architecte et sa manière de travailler ; elles découvrent une pièce importante du puzzle qu’est encore pour nous l’histoire de la restauration au XIXe siècle. Quelques exemples vont permettre d’illustrer ces thèmes.

Le premier thème a été exploité dès avant cette publication. Françoise Boudon rappelle le formidable travail de documentation des travaux de restauration effectué par Corine Langlois, associée pour l’occasion aux architectes restaurateurs de la fin du XXe siècle, Pierre Lebouteux puis moi-même. Nous lui sommes redevables de la précision de la documentation historique de nos études préalables3. Que rêver de plus en effet pour démêler l’écheveau des dessins, devis et factures des travaux qui ses succèdent pendant des décennies cruciales pour la mise en place d’un corps de doctrine que cette clef incomparable d’instructions et de commentaires du concepteur parisien, Félix Duban, à son élève devenu architecte d’opération, Jules de la Morandière ?

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1. Félix Duban (1787-1870)
Château de Blois, intérieurs et
cheminées, projet de restauration
, (coupe transversale
sur l’aile François Ier), 1844
Crayon, encre et
lavis sur papier - 63 x 94 cm
Paris, Bibliothèque
de l’Architecture et du Patrimoine
Photo : Jacques Faujour / Gallimard.
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_ Moins connue, l’attribution par Sébastien Gresse à Duban des premiers travaux à l’hôtel d’Alluye. Le très inconsistant Martin-Monestier, à qui on les attribue habituellement, n’est en fait que l’architecte d’opération de la restauration la grande salle et de la cheminée. L’allusion dans les lettres est sibylline (lettre 419, 18 décembre 1868) : « En dehors du château, j’ai aussi à m’occuper un peu de l’hôtel d’Alluye ». Mais un des projets pour la grande salle, des lambris à panneaux copiant ceux du cabinet de François Ier placés de part et d’autre de la grande cheminée, reprend strictement une des coupes du projet de 1848 pour l’aile François Ier (ill. 1). Ce sont finalement, comme au château, des toiles marouflées qui ont été mises en œuvre. Et les menuiseries restaurées suivant le modèle de la fenêtre originale…

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