La Pologne s’offre la collection Czartoryski


4/1/17 - Acquisitions - Cracovie, Musée national - En 2007, lors d’un voyage à Cracovie, nous avions interviewé le prince Czartoryski (lire l’interview ici), héritier d’une des plus importantes collections de Pologne, qui avait été confisquée en 1945 par le gouvernement communiste, et restituée en 1991. Depuis, cette collection exceptionnelle, ouverte au public, était administrée par une fondation créée par le prince.


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1. La Dame à l’Hermine de Léonard de Vinci
exposée au Musée Czartoryski
Photo : Didier Rykner
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2. Benvenuto Tisi, dit il Garofalo (1481-1559)
Adoration des Mages
Cracovie, Musée Czartoryski
Photo : Didier Rykner
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Le caractère aliénable ou inaliénable des œuvres ne semblait pas très clair. Le gouvernement polonais a annoncé la semaine dernière qu’il avait passé un accord avec le propriétaire - manifestement en se passant de celui du conseil d’administration de la Fondation, dont le président a démissionné - pour acheter, en bloc, l’intégralité de la collection. La propriété a été transférée au Musée national de Cracovie.


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3. Rembrandt van Rijn (1606-1669)
Paysage avec le Bon Samaritain
Huile sur panneau - 46,5 x 66 cm
Cracovie, Musée Czartoryski
Photo : Wikimedia (domaine public)
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4. Giusto Le Court (1627-1679)
L’Envie
Marbre
Cracovie, Musée Czartoryski
Photo : Didier Rykner
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Ce n’est donc pas seulement La Dame à l’Hermine de Léonard de Vinci qui entre définitivement dans le patrimoine polonais comme on a pu le lire dans certains journaux français, mais évidemment bien davantage. Il est impossible, et cela n’aurait pas grand sens, de décrire l’intégralité des collections de ce musée (86 000 œuvres et 250 000 livres imprimés et manuscrits anciens1). Car on y trouve autant des peintures de toutes les époques et de toutes les écoles (Lorenzo Lotto, Garofalo - ill. 2), Bernardo Strozzi, Mattia Preti, Alessandro Magnasco, Dirck van Baburen, Jacob Jordaens, Rembrandt - (ill. 3), que des sculptures (L’Algarde, Giusto Le Court - ill. 4…), des armes (ill. 5), des objets d’arts (ill. 6), des antiquités égyptiennes ou des vases grecs... Il s’agit, indiscutablement, d’un des plus importants achats qu’un État européen ait jamais réalisé - comparable, par exemple, à celui de la collection Thyssen par l’Espagne. Cependant, nul n’envisageait vraiment que la Pologne puisse laisser un jour cette collection être dispersée.


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5. Vue d’une vitrine du Musée Czartoryski
Photo : Didier Rykner
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6. Georg Hoffman (actif de 1586 à 1609)
Coupe en forme de paon
Cracovie, Musée Czartoryski
Photo : Didier Rykner
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Les œuvres volées pendant la guerre par les nazis sont également comprises dans cet achat, ce qui signifie que toutes celles qui seraient retrouvées devraient être restituées à l’État polonais (dans le passé, certaines ont déjà été rendues à la collection). Cela signifie donc que le Portrait de jeune homme de Raphaël, dont tout laisse à penser qu’il n’a pas été détruit (voir la brève du 1/8/12), fait également partie de l’accord.
Gazeta.pl indique que le ministre polonais de la Culture, Piotr Glinski, aurait révélé que le montant de la transaction est de 100 millions d’euros. Ce montant est évidemment sans commune mesure avec ce que vaudrait la collection si elle avait été mise sur le marché, d’autant que l’accord porte aussi sur les bâtiments qui abritent le musée. À elle seule, la Dame à l’Hermine vaudrait sans doute bien davantage.


Didier Rykner, mercredi 4 janvier 2017


Notes

1Voir par exemple cet article.





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