La ministre de la Culture opposée à la destruction de l’escalier de la BnF


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Jean-Louis Pascal (1837-1920)
Escalier menant au Cabinet des Médailles
Paris, Bibliothèque nationale, site Richelieu
Photo : Didier Rykner

4/9/12 – Patrimoine – Paris, Bibliothèque nationale – Alors que le précédent ministre de la Culture avait, nous l’avions écrit ici, finalement autorisé la destruction de l’escalier de la Bibliothèque nationale (ill.), rue de Richelieu, Aurélie Filippetti vient, devant des personnels du ministère de la Culture, d’affirmer sa volonté de décréter un moratoire sur cette destruction. Les raisons pour lesquelles cette décision a été prise doivent être mentionnées. D’une part, elle explique qu’on ne peut, en période d’austérité, détruire un escalier existant parfaitement fonctionnel pour en reconstruire immédiatement un autre. D’autre part, elle affirme qu’on ne comprendrait pas que le ministère de la Culture protège le patrimoine à Orléans et le détruise à Paris.

Ce discours doit être salué comme il le mérite. A notre connaissance, pour la première fois un ministre de la Culture reconnaît que son ministère (ou les administrations qui en dépendent) peut être responsable de vandalisme et s’y oppose clairement. On ne saurait trop l’en féliciter. Il se confirme qu’il y a enfin un vrai ministre rue de Valois et plusieurs personnes l’ayant rencontré sur des questions patrimoniales témoignent de sa connaissance des dossiers et de son véritable intérêt pour ce sujet.
Il reste que la direction de la Bibliothèque nationale de France va probablement essayer, comme elle le fait depuis le début, de s’opposer à cette décision. Elle ne pourra en tout cas prétendre que celle-ci la prend au dépourvu et risque de retarder les travaux : Frédéric Mitterrand avait en effet, il y a deux ans, demandé qu’un contre-projet soit étudié par l’architecte. Mais à notre connaissance, ce contre-projet, qui devient maintenant nécessaire, n’a jamais été réalisé1 !

Quoi qu’il en soit, le chantier est actuellement arrêté et a déjà pris au moins un an de retard. Après la découverte d’amiante, il apparaît désormais que les teneurs en particules de plomb sont excessives.

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Didier Rykner, mardi 4 septembre 2012


Notes

1Nous avions d’ailleurs demandé à le consulter, ce qui ne nous avait pas été accordé, et pour cause : il n’existe pas.




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