La mairie de Paris « communique » sur les Serres d’Auteuil


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1. Vue des Serres d’Auteuil
(architecte : Camille Formigé)
Photo : Didier Rykner

19/10/10 – Patrimoine – Paris, Serres d’Auteuil – La pétition pour la sauvegarde des Serres d’Auteuil (voir l’article), qui en moins d’une semaine a déjà recueilli plus de 4 000 signatures, semble embarrasser grandement la Mairie de Paris qui en perd son sang-froid.

Elle vient en effet de publier un communiqué de presse dont la forme et la teneur sont tout à fait inédits dans leur sècheresse et leur agressivité. On peut sans lasser le lecteur le reprendre entièrement ici :

« Le court de tennis que la Fédération Française de Tennis envisage de construire dans le Jardin des Serres d’Auteuil se situerait à la place d’une serre de travail de la Direction des Espaces Verts et d’une serre (dite "serre chaude") dans laquelle sont entreposées des plantes (fougères, orchidées...).
Il ne s’agit donc absolument pas des serres classées au titre des Monuments Historiques, auxquelles il n’est évidemment pas question de porter atteinte.
La pétition lancée ne repose donc sur aucun fondement sérieux.
 »

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2. Vue de l’intérieur des « serres chaudes »
où l’on voit les plantes « entreposées »
Photo : Didier Rykner

On ne fait pas plus laconique... et plus inexact. Car ce communiqué feint de croire que la pétition dénonce la destruction de bâtiments classés, ce qui n’est pas le cas ; elle fait semblant d’ignorer que l’inscription aux monuments historiques concerne le « sol du jardin fleuriste municipal dans ses limites actuelles », ce qui comprend bien sûr les serres chaudes et la serre de travail de la direction des espaces verts ; elle oublie de préciser que seront annexés pendant la durée du tournoi les bâtiments d’exploitation, également inscrits aux monuments historiques ; elle prétend que les serres chaudes « entreposent » des plantes, alors qu’elles présentent au public de très nombreux spécimens botaniques, certains fort rares, et qu’il s’agit donc, ni plus ni moins, d’un musée (ill. 2) ; elle ne dit pas ce que deviendront ces collections de végétaux ; elle ne précise pas comment pourra survivre un jardin subitement envahi par une foule de plusieurs milliers de personnes ni comment les jardiniers pourront, le reste de l’année, continuer à travailler sans locaux techniques ; elle n’explique pas comment l’absence d’une chaufferie et du réseau d’eau chaude également menacés par le court de tennis permettra de maintenir les serres en fonctionnement.

Bref, ce communiqué de presse ne repose sur aucun fondement sérieux.

La pétition se trouve ici.


Didier Rykner, mardi 19 octobre 2010





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