La lampe de Saint-Michel, une œuvre de Félicie de Fauveau acquise par le Louvre


21/2/13 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Dans l’exposition Félicie de Fauveau actuellement présentée à l’Historial de Vendée des Lucs-sur-Boulogne sur laquelle nous aurons bientôt l’occasion de revenir longuement, le Louvre prête l’une de ses dernières acquisitions, achetée chez Charles Janoray à New York, intitulée Lampe de l’archange Saint-Michel (ill. 1).
L’œuvre, dont on peut douter du caractère utilitaire, est à la limite de la sculpture et des arts décoratifs et vient enrichir les collections du département des Objets d’Art. Le groupe est composé d’une architecture néogothique sur laquelle se tient l’archange Saint-Michel, avec à ses pieds quatre anges soldats. Il n’a pas réellement d’équivalent dans la sculpture romantique de l’époque.


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1. Félicie de Fauveau (1801-1886)
Fondu par Jean-Honoré Gonon (1780-1850)
Lampe de l’archange saint Michel, 1832
Bronze patiné, doré, argenté
et peint, verre, lapis - 90 x 34 x 3,6 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée d’Orsay/P. Schmidt
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2. Félicie de Fauveau (1801-1886)
Fondu par Jean-Honoré Gonon (1780-1850)
Lampe de l’archange saint Michel, détail, 1832
Bronze patiné, doré, argenté
et peint, verre, lapis - 90 x 34 x 3,6 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Adrien Goetz

Le bronze a été fondu par Jean-Honoré Gonon, l’un des principaux et des meilleurs fondeurs de l’époque romantique, auteur par exemple du grand Lion de Barye. Un des aspects les plus originaux de l’œuvre est sa polychromie or, argent et rouge, complétée par du verre coloré et des morceaux de lapis, qui ressort particulièrement bien sur le fond mauve de l’exposition (ill. 2).
L’archange saint Michel revient souvent dans l’art de Félicie de Fauveau. En janvier 1832, alors emprisonnée après sa tentative avortée de révolution en faveur de la duchesse de Berry et de son fils le jeune duc de Bordeaux, elle avait appris la mort de son compagnon d’arme Louis-Charles de Bonnechose, et avait aussitôt conçu un monument à sa mémoire, jamais exécuté mais qui se traduisit notamment par une lithographie1. La lampe, dont l’exécution est également datée de 1832 alors que l’artiste avait regagné Paris après avoir été libérée, est indirectement issue de ces projets, l’archange étant assez proche dans son attitude de celui de l’estampe.

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Didier Rykner, jeudi 21 février 2013


Notes

1Un exemplaire de cette lithographie a été acquise par l’Historial de Vendée (brève à venir, avec les autres acquisitions par ce musée d’œuvres de Félicie de Fauveau).





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