6/8/04 – Patrimoine - Nice, Gare du Sud - Renaud Donnedieu de Vabres a pris une décision exemplaire et courageuse en refusant au maire de Nice, pourtant UMP comme lui, la démolition de l’ancienne Gare du Sud de cette ville. Alors que Jean-Jacques Aillagon avait - qui pourrait s’en étonner - donné son accord pour une « démolition-reconstruction sur un autre site »1 d’un monument pourtant inscrit à l’Inventaire Supplémentaire en 2002, le nouveau ministre de la Culture a formellement refusé cette solution, imposant une conservation in situ du monument.
La Gare du Sud est un bel édifice dû à l’architecte Prosper Bobin, élève d’Hittorf, et construit de 1890 à 18922. Selon le communiqué du ministère : « malgré un état de vétusté dû à un manque d’entretien [il] conserve une qualité monumentale et urbaine indéniable qui ne peut être préservée que sur son site actuel d’implantation. » Le ministre considère par ailleurs que : « par principe la démolition d’un édifice protégé est un acte trop grave et exceptionnel pour être recevable sans que soit expertisé l’ensemble des autres possibilités de conservation. » On ne saurait trop l’en féliciter. Nous avions accueilli avec scepticisme sa nomination. Avouons qu’excepté la poursuite du projet d’antenne du Louvre (voir brève suivante), Donnedieu de Vabres surprend jusqu’ici plutôt agréablement.
Lors de l’inauguration de l’exposition de Blois, le ministre avait répondu aux questions des journalistes. Nous l’avions alors interrogé sur le projet de construction du stade de Lille sur les glacis de la forteresse de Vauban3. Il avait répondu ne pas connaître ce dossier, mais que dans un cas pareil, sa politique était de visiter les lieux pour juger sur place. Il avait alors évoqué l’affaire de la gare de Nice et affirmé avoir prévu de se déplacer pour prendre sa décision. Il a donc tenu parole, et fait le bon choix. Souhaitons que pour Lille comme pour Nice, le ministre n’hésite pas à revenir sur une décision désastreuse de son prédécesseur4
