14/2/09 – Patrimoine – Versailles, Musée national du château – La Garde-robe de Louis XVI est une petite pièce (à peine 13 m2) située juste à gauche de la Chambre du Roi. Son aménagement, sous la direction de l’architecte Richard Mique, fut terminé en 1788 et le souverain ne put donc guère l’utiliser. Elle lui servait de bureau et possédait un cabinet d’aisance dissimulé derrière une boiserie.
Le décor, extrêmement raffiné (ill. 1), fut sculpté par les frères Rousseau. On y trouve un programme iconographique complexe où l’on peut voir symbolisés le commerce, l’agriculture, la marine, la guerre, les sciences et les arts. La cheminée, d’origine (ill. 2), est sans doute l’une des plus belle de Versailles. On peut y admirer les remarquables bronzes de Pierre Gouthière, qui fut sans doute aussi l’auteur des éléments de serrurerie de la pièce.

3. Garde-robe de Louis XVI
Détail des boiseries
Versailles, musée national du château
Photo : D. Rykner
L’ensemble traversa les siècles sans trop de dommages. Les fleurs de lys, supprimées pendant la Révolution, furent refaites sous la Restauration. Les panneaux furent déposés en 1939 et remis en place après la guerre. Les travaux ont consisté essentiellement à restaurer les décors et les bronzes en préservant la dorure d’origine assez bien conservée. On a pu retrouver sur certains éléments sculptés des dessins gravés, par exemple des figures géométriques et le nom de Newton sur un livre placé sur le panneau symbolisant les sciences (ill. 3).
Les travaux, qui ont duré un an, ont été entièrement financés grâce à la générosité de Lady Michelham of Hellingly. Soulignons que cette belle rénovation est due à Frédéric Didier, décidément plus heureux dans les restaurations intérieures (voir brève du 25/6/07) que dans celle des extérieurs. Il n’a cependant pas pu résister tout à fait aux plaisirs des reconstitutions : deux médaillons aux figures de Louis XVI et Marie-Antoinette, dont on semble avoir retrouvé les traces des profils martelés, ont été refaits sur une des boiseries, et la banquette de la chaise (dans le cabinet d’aisance) a été restituée. Péchés véniels au regard de cette réussite.


