La galerie de Luca Giordano au Palazzo Medici Riccardi


Cet article et cette vidéo sont réservés aux abonnés.

Alors que de longues files d’attente se déroulent devant les Offices ou l’Accademia, le Palazzo Medici Riccardi reste encore à Florence un havre de paix, relativement peu fréquenté, malgré les deux chefs-d’œuvre du décor mural qu’il renferme. Même la chapelle peinte par Benozzo Gozzoli peut être visitée en toute tranquillité, ce qui est heureux compte tenu de sa petite taille. Quant à la galerie réalisée par Luca Giordano, sans doute l’une des plus belles et des mieux conservées de l’Italie baroque, il y a quelques années encore elle n’était même pas incluse dans le circuit payant ce qui lui assurait d’être parfaitement ignorée des touristes.



La galerie peinte par Luca Giordano au Palazzo... par latribunedelart


En 1659, Ferdinand II de Médicis vend ce palais à Gabriello Riccardi, son maggiordomo maggiore1, probablement la charge la plus haute de la cour florentine. Francesco Riccardi, le neveu de Gabriello qui hérita de la fortune de son oncle à sa mort en 1675, fit moderniser le palais, y construisant notamment une galerie qu’il souhaita faire décorer par Ciro Ferri. Ce dernier, fort occupé par ailleurs, accepta mais fit attendre cinq ans son commanditaire, qui décida alors de se retourner vers Luca Giordano, également élève de Pierre de Cortone et dont la réputation à Florence avait grandi jusqu’à supplanter celle de Ferri. Mais il dut attendre encore trois ans avant que Giordano se décide à commencer le travail. On n’appelle pas celui-ci Fa Presto en vain : en à peine quatre mois et demi, de mi-avril à fin août 1685, il peignit l’ensemble de la galerie avec l’aide de trois collaborateurs. Il s’agissait de célébrer les Médicis (leur gloire forme le centre de la composition) et leurs vertus (aux quatre coins de la galerie), le tout complété par de nombreuses scène mythologiques comme on peut le voir dans notre vidéo. Pour un amateur d’iconographie, ces fresques sont un régal tant le nombre de personnages à identifier est important.
Peu de temps après, l’artiste peignit également un plafond pour la bibliothèque, dont le comte Nicodème Tessin, qui la visita en 1687, affirme que l’exécution ne prit que cinq jours.


JPEG - 114.8 ko
1. Luca Giordano (1634-1705)
La Caverne de l’Éternité
Huile sur toile - 73,1 x 87,5 cm
Londres, National Gallery
Photo : Didier Rykner
JPEG - 126.2 ko
2. Luca Giordano (1634-1705)
Minerve protectrice des Arts et des Sciences
Huile sur toile - 73,5 x 88 cm
Londres, National Gallery
Photo : Didier Rykner

La National Gallery de Londres conserve neuf petits tableaux de Luca Giordano (ill. 1 et 2), provenant de la collection Mahon, reproduisant des groupes de la galerie, qui sont probablement des ricordo peints après l’achèvement de celle-ci plutôt que des esquisses préparatoires.


Didier Rykner, samedi 14 septembre 2013


Notes

1Les informations sur la galerie de cet article sont tirées de l’article fondamental de Donatella Livia Sparti, « Ciro Ferri and Luca Giordano in the gallery of the Palazzo Medici-Riccardi », Mitteilungen des Kunsthistorischen Institutes in Florenz, 7. Bd., H. 1 (2003), pp. 159-221.





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Itinéraires : San Matteo : une ruine baroque à Scicli

Article suivant dans Itinéraires : Saint-Bruno : une église baroque à Bordeaux