La DRAC Alsace donne son quitus au vandalisme sur la chapelle Herzog


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1. Attribué à Henri Fonderie (1836- ?)
Saint Barthélémy
Grès gris
Wintenheim, chapelle Herzog
A gauche, état du 21/6/09 ; à droite, état du 26/6/09
Photo : D. R.
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Le conservateur régional des monuments historiques d’Alsace, Simon Piéchaud, représentant du ministère de la Culture vient d’accorder une interview stupéfiante au journal L’Alsace du 5/9/09, titrée « Chapelle Herzog Ne pas jeter la pierre » (voir notre article sur cette affaire).

Tentant d’excuser la municipalité de Wintzenheim, celui-ci ne cesse de se contredire tout au long de l’article, ce qui témoigne d’ailleurs du malaise de l’administration. Tout en reconnaissant que : « [la DRAC] n’a pas été informée », que : « cela a été fait précipitamment, sans communiquer, sans projet cohérent et global », qu’il n’y a pas eu de « cahier des charges fixé par [la DRAC] », qu’il y a eu « une méconnaissance de la délicatesse de la chose » et que « l’autre solution [était] de poser une protection comme un filet », il ose affirmer contre toute évidence que « l’entreprise a travaillé globalement correctement », ajoutant même que : « le problème vient peut-être plus de l’absence de communication à l’égard de l’association, des voisins » ! Tous les spécialistes de la restauration pourront le démentir, comme l’ont fait par anticipation ses propres services que nous avions interrogés pour écrire notre article et qui nous avaient affirmé que jamais ils n’auraient donné leur autorisation d’agir ainsi.

D’ailleurs, lorsque la journaliste de L’Alsace lui demande si « la DRAC ne s’est pas offusquée de cette histoire », il répond : « que voulez-vous que je fasse ? Que je porte plainte ? Cela ne ferait pas avancer le schmilblick. » La seule réponse logique, vu ce qu’il venait d’avancer, aurait été de dire qu’il n’y avait pas matière à plainte puisque, d’après lui, le travail a été bien fait.
On retrouve les mêmes contradictions dans les projets pour une éventuelle restauration. Simon Piéchaud prétend ainsi que « la purge n’a pas été systématique. Les pierres lambda sont tombées par terre, mais les éléments à valeur esthétique ou architecturale ont été déposés et conservés en vue d’une restauration ultérieure. », tout en affirmant ensuite : « On remploiera les éléments qui peuvent l’être. Mais si le grès est vicié, ce n’est pas la peine de le remplacer car il va continuer à se dégrader. Je ne veux pas anticiper sur le travail d’étude à venir, mais il est très probable que la restauration supposera de faire des copies1. Ce qui donne, après traduction : « aucune étude n’a été faite pour savoir quels éléments du grès étaient détériorés, on a enlevé soigneusement tous les éléments intéressants pour les remettre en place, mais l’étude à venir va sûrement démontrer que ces éléments sont en mauvais état, donc on va faire des copies ». Il suffit de regarder les photos que nous avons publiées (ill. 1 et 2) pour voir avec quel soin les éléments intéressants ont été déposés.

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2. Chapelle Herzog, côté est
Etat du 26/6/09 après le vandalisme municipal
Tas de gravats après que les sculptures ont été martelées
Photo : D. R.
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Le jugement de la DRAC dans cette affaire est évidemment politique. Il ne faut pas faire de vagues avec les élus. Ceux qui le souhaitent peuvent donc continuer à vandaliser leur patrimoine, il suffit d’ignorer la législation. Le message est clairement passé. Avec l’aval du ministère de la Culture.


Didier Rykner, mercredi 9 septembre 2009


Notes

1Il ajoute : « comme cela a été fait à la cathédrale de Strasbourg par exemple », oubliant de préciser que les originaux ont été soigneusement déposés et sont maintenant exposés au Musée de l’Œuvre ».





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