La Collection Chennevières. Quatre siècles de dessins français


Paris, Musée du Louvre. Du 8 mars au 7 juin 2007.

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Nicolas Poussin (1594-1665)
Mars et Vénus
Plume, encre brune, lavis - 19,5 x 26,1 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN / Thierry Le Mage

Pour son malheur, à l’en croire, Philippe de Chennevières eut à vivre dans la France issue de la Révolution, sous cinq régimes différents ; pour notre bonheur, il glana les dessins des vieux maîtres de son pays avec la passion d’un homme qui portait en lui les débris d’un temps disparu. Tous les vrais collectionneurs sont des personnages proustiens, des mélancoliques actifs. Chennevières fut un aigle de la collecte et du portefeuille. En accumulant plus de 3 600 dessins, il mettait à exécution le projet qu’il avait lui-même défini dans une suite d’articles publiés par L’Artiste entre 1894 et 1897. « C’est une histoire que j’ai voulu faire », tels sont ses mots, tel fut l’ambition de sa vie de chineur. À plusieurs reprises, ce texte admirable revient sur l’idée nourricière, qui était de retrouver l’ancienne France à partir de ces traces sensibles, ces reliques que la « piété maniaque de quelques-uns » a préservées, génération après génération. Chennevière aimait l’art français comme Malraux l’art universel. Conserver, étudier et transmettre relevaient pour eux de la foi.

La fragilité du dessin ajoutait donc à sa valeur sentimentale. De plus, il y a du romantique en Chennevièvres, né en 1820 et achetant ses premières feuilles vingt ans plus tard. La confession de L’Artiste le rappelle suffisamment, il aimait avant tout la franchise, la simplicité et le surgissement de la pensée propres aux « griffonnis informes » avec lesquels il faisait revivre tout un passé, tout une géographie pré-révolutionnaire aussi. Chennevières, en effet, ne se contenta pas d’exhumer les maîtres parisiens, grands et petits ; fier Normand, il voulut comprendre et faire connaître ce que nous appelons, depuis ses travaux notamment, les écoles de province et leur contexte de production. À l’époque où Champfleury et Thoré réveillaient le souvenir des Le…

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