La cloche d’Abbeville retirée de la vente


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France, XVIIe siècle
Cloche de l’église Saint-Jacques d’Abbeville
Bronze - H. 65 cm ; D. 56 cm (base)
Photo : Didier Rykner

28/6/13 - Patrimoine - Abbeville, église Saint-Jacques - Alors que nous démontrions hier le caractère irrégulier (pour dire le moins) de la vente d’une cloche historique du XVIIe siècle qui provenait directement de l’église détruite de Saint-Jacques d’Abbeville, le commissaire-priseur Christophe Joron-Derem, que nous avions informé, s’apprêtait sans sourciller à la vendre tout de même...

Fort heureusement, la mobilisation rapide de la Direction Générale des Patrimoines, notamment de son directeur Vincent Berjot, a payé. Le préfet de la Somme devait en effet signer un courrier de demande de restitution de bien public1 et l’OCBC (Office Central de lutte contre le trafic de Biens Culturels) a été alerté. Par ailleurs, la DRAC Picardie ayant transmis de son côté à la mairie d’Abbeville tous les éléments, celle-ci, qui niait la provenance de cette cloche, a été finalement contrainte, devant le caractère accablant des faits, d’en demander le retrait. La maison de vente a fini par céder, à l’ultime minute, et la cloche a été retirée de la vacation. Celle-ci étant, selon toute probabilité, inaliénable et imprescriptible, sa vente aurait constitué en tout état de cause un acte répréhensible, d’autant que son origine était désormais parfaitement connue.

On appréciera donc l’ironie : la mairie d’Abbeville demande la restitution de la cloche grâce aux arguments issus de notre enquête. Nul doute que Nicolas Dumont nous enverra un courrier de remerciement...
Nous suivrons, bien entendu, cette affaire jusqu’au bout. Notamment pour savoir comment cette cloche qui n’existait pas a pu se retrouver dans une vente aux enchères quelques mois à peine après la démolition de l’église. Et pour demander la protection au titre des monuments historiques d’un objet dont la qualité semble la justifier.


Didier Rykner, vendredi 28 juin 2013


Notes

1La cloche n’étant pas protégée au titre des monuments historiques, le ministère de la Culture n’avait pas, comme l’on dit, « intérêt à agir ».





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