La cinquième édition du Festival de l’histoire de l’art a ouvert ses portes


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1. Table-ronde sur le dessin néerlandais
De gauche à droite : Olivia Savatier, Ger Luijten
Benjamin Peronnet, Nicolas Marchand
Festival de l’histoire de l’art 2015
Photo : Didier Rykner

29/5/15 Fontainebleau, Festival de l’histoire de l’art - Il doit y avoir un dieu de l’histoire de l’art qui veille sur le festival du même nom : comme chaque année, la cinquième édition est en effet marquée par le beau temps, ce qui ne semblait pas gagné, à voir la pluie du début de matinée.

Le festival est désormais devenu une institution. Il est dommage cependant que certains défauts que nous avions noté dès les premières année n’aient toujours pas disparu. Ainsi – encore plus que l’an dernier d’ailleurs – les musées français, pas seulement ceux de région, sont trop absents. Il n’est pas normal de rencontrer aussi peu de représentants des grands musées de province, au moins des plus dynamiques – nous ne donnerons pas de noms, de crainte d’en oublier, mais ils se reconnaîtront. Il faudrait décidément mettre en place une section « actualité des musées français » où les conservateurs pourraient venir présenter les expositions, acquisitions, publications qu’ils ont produits dans l’année écoulée ou qu’ils ont en projet.
Cette année manque par ailleurs cruellement de débats un peu animés autour de l’actualité. À croire qu’en France – ou aux Pays-Bas, le pays invité – tout va très bien pour les musées et le patrimoine… On signalera tout de même, demain et après-demain, deux débats qui se tiendront au festival « off » (comme nous l’avons déjà écrit, tout bon festival a son « off ») : l’un sur les trésors nationaux et les ventes de châteaux, l’autre sur l’avenir des musées de province (le programme est ici).

Il reste que le nombre de conférences ou de tables-rondes intéressantes est déjà si élevé qu’il faut faire des choix. Nous avons profité d’un programme un peu plus léger aujourd’hui pour revoir l’exposition « Napoléon et Pie VII », excellente et dont nous reparlerons rapidement (elle se termine le 29 juin), mais aussi la galerie de peintures qui n’est ouverte en général que pour des visites guidées et où l’on voit quelques chefs-d’œuvre (Ludovic Carrache, Gerrit van Honthorst, Francesco Albani, Pierre Subleyras…), ou la chapelle, lieu admirable pour accueillir des conférences. Des visites du théâtre et du boudoir turc, récemment restaurés, sont aussi organisées.
Nous avons également assisté à une présentation d’une base de données consacrée aux artistes néerlandais présents à Rome de 1400 à nos jours, Hadrianus. On y trouve notamment des biographies et des illustrations d’œuvres réalisées à Rome et/ou représentant la ville, pouvant être trouvées par artiste ou par lieu représenté. Le projet, initié par l’Institut royal néerlandais à Rome et l’Université de Groningen, est collaboratif, les spécialistes pouvant s’inscrire pour l’enrichir.

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2. Isaac van Ostade (1621-1649)
Un wagon couvert, vers 1646-1649
Pierre noire, plume, encre brune et noire, lavis brun - 13,4 x 16,1 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : The Metropolitan Museum of Art

La dernière conférence à laquelle nous avons assisté, une table-ronde dédiée à l’actualité du dessin néerlandais (ill. 1), a prouvé combien nous sommes, dans le domaine des arts graphiques, incomplet dans notre revue des acquisitions. Benjamin Peronnet parlait en effet des quatre ventes de la collection I. Q. Van Regteren Altena, où beaucoup de feuilles ont été adjugées à des musées, néerlandais ou autres, comme cet Isaac van Ostade qui est entré au Metropolitan Museum (ill. 2). Nous espérons un jour pouvoir mener à bien la base de données des acquisitions des musées depuis 2001 que nous évoquons régulièrement. Nous avons également pu entendre Ger Luijten montrer quelques acquisitions récentes de la Fondation Custodia, Nicolas Normand nous parler de son importante collection et Olivia Savatier-Sjöholm, conservatrice au département des arts graphiques du Louvre, présenter une exposition qui aura lieu en 2016, « Dessiner le quotidien en Hollande au Siècle d’or. Dessins des collections publiques françaises ».

Il reste deux jours, samedi et dimanche, pour profiter du beau temps, du château de Fontainebleau, et des très nombreux rendez-vous du Festival de l’histoire de l’art.


Didier Rykner, vendredi 29 mai 2015





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