La chapelle Saint-Jean-Baptiste de l’église Saint-Roch à Lisbonne


Commandée par le roi Jean V du Portugal en 1740 à l’architecte Nicolas Salvi (l’auteur de la Fontaine de Trevi), assisté de Luigi Vanvitelli, la chapelle Saint Jean-Baptiste (capela de São João Baptista) fut construite à Rome dans l’église Saint-Antoine des Portuguais, entre 1742 et 1747 et consacrée par le pape Benoît XIV en 1744. Démontée et transportée, morceau par morceau, elle fut réassemblée au Portugal dans l’église Saint-Roch (São Roque) de Lisbonne, église des Jésuites construites dans la seconde moitié du XVIe siècle, à l’emplacement de l’ancienne chapelle du Saint-Esprit qui datait du XVIIe. Elle y fut inaugurée en 1750.


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1. Église São Roque à Lisbonne
La chapelle São Juan Bautista est la deuxième à partir du chœur
Photo : Didier Rykner
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2. Autel de la chapelle São Juan Bautista
Photo : Didier Rykner

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3. Maquette de la chapelle São Juan Bautista, 1743
Lisbonne, Museu de São Roque
Photo : Didier Rykner

On compte peu de chapelles au décor aussi riche. Lapis-lazuli, agate, marbre, albâtre, bronze doré, porphyre… constituent un ensemble d’une beauté inoubliable. Les tableaux de l’autel et des côtés n’en sont pas vraiment : il s’agit, sur le modèle de ce qu’on trouve à Saint-Pierre de Rome, de mosaïques, exécutées par Mattia Moretti d’après des peintures d’Agostino Masucci. Au centre, se trouve le Baptême du Christ, à droite L’Annonciation et à gauche La Pentecôte. Sur la voûte, les angelots en marbre sont dûs au ciseau de plusieurs sculpteurs, Pierre de L’Estache, Bernardo Ludovisi, Antonio Corradini et Alessandro Giusti, celui qui fut chargé de réassembler la chapelle1 avec Francesco Feliziani et Paolo Riccoli. Le sol de la chapelle, également en mosaïque, représente un astrolabe et est dû à Enrico Ennuo.
Le coût de construction de cette chapelle et de son transport à Lisbonne fut extrêmement élevé, ce qui contribua à vider les caisses du royaume que Jean V laissa fortement endetté. Fort heureusement, l’église Sao Roque fut épargnée par le tremblement de terre de 1755 qui a détruit la ville, et la chapelle San Juan Bautista est ainsi parvenue intacte jusqu’à nous, ainsi que les autres très belles chapelles que l’on peut également admirer dans cet édifice religieux.



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Notons enfin que le Musée de Saint-Roch, qui se trouve dans la Maison professe adjacente à l’église, conserve une superbe maquette de la chapelle réalisée par Giuseppe Palms en 1743. Le décor y fut reconstitué en peinture par Giuseppe Focchtti et Giuseppe Voyet, tandis que les mosaïques d’après Agostino Masucci y furent reproduites par Gennaro Nicolet2


Didier Rykner, mardi 17 novembre 2015


Notes

1Voir : Anne-Lise Desmas, « Catalogue raisonné de l’œuvre de Pierre de L’Estache », en ligne, www.lestache.com, consulté le 17 novembre 2015.

2Pour écrire cet article, nous nous sommes basé, outre le catalogue Pierre de L’Estache déjà signalé, sur le site du Musée de Saint-Roch et le guide de l’église publié par ce musée.





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