La Boulonnaise allaitant de Dalou acquise par Ottawa


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Jules Dalou (1838-1902)
Boulonnaise allaitant, 1876
Terre cuite sur sa base en bois originale
H. 137 cm (base : 90 cm)
Ottawa, Musée des Beaux-Arts du Canada
Photo : Sotheby’s

21/5/14 - Acquisition - Ottawa, Musée des Beaux-Arts du Canada - C’est un superbe achat que vient de réaliser aujourd’hui à Londres chez Sotheby’ le Musée des Beaux-Art du Canada, en se portant acquéreur pour 362 500 livres (frais inclus) d’une sculpture en terre cuite de Jules Dalou, grandeur nature, la Boulonnaise allaitant.

Comme l’écrit Amélie Simier dans le catalogue des œuvres de Dalou conservées au Petit Palais à Paris récemment publié et accompagné d’une belle exposition que nous avions recensée ici, le sculpteur, exilé en Angleterre entre 1871 et 1879, aborde des sujets très largement liés à la sphère intime. Il réalise ainsi plusieurs œuvres en rapport avec la maternité, dont des femmes allaitant leur enfant (Parisienne allaitant, Paysanne allaitant, La Charité, un groupe en marbre commandé pour une fontaine où l’on voit une mère allaitant un nourrisson et protégeant un jeune enfant) et deux monuments funéraires, l’un pour la chapelle royale privée de Windsor, un ange entouré de trois bambins symbolisant les petits-enfants de la reine Victoria morts en bas âge, l’autre pour commémorer, toujours pour la reine, la mort de la princesse Mary de Hesse, qui montre un autre ange tenant une petite fille dans ses bras.
L’œuvre qui va rejoindre Ottawa a été exposée au Salon de la Royal Academy de 1877 après avoir été acquise l’année précédente par George John Browne, 3ème Marquis de Sligo. Elle était depuis cette date conservée à Westport House, en Irlande, qui appartient toujours à ses descendants.

Si l’on ne peut que se réjouir pour le musée d’Ottawa qui s’enrichit d’un chef-d’œuvre de l’artiste, typique de sa veine naturaliste, on regrette néanmoins que cette belle demeure historique ait dû, pour contribuer à son entretien, se séparer d’une sculpture qui faisait partie de son histoire. L’Irlande, comme le Royaume-Uni, et hélas comme la France voit ses châteaux privés se vider. On ne peut en effet affirmer, comme le fait John M. Hunisak dans une petite étude sur l’œuvre publiée par Sotheby’s, que celle-ci a été pour la dernière fois vue publiquement à l’exposition de la Royal Academy : elle était présentée dans le parcours ouvert à la visite depuis 1960 à Westport House1.


Didier Rykner, jeudi 22 mai 2014


Notes

1Comme le rappelle The Irish Times. Ce journal cite par ailleurs Jeremy Brown, le 11ème marquis de Sligo, qui affirme que cette vente « sécurisera le futur d’une des attractions les plus appréciées d’Irlande pour les générations à venir. » On en doutera, compte tenu de la relative modestie du prix obtenu.





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