L’Univers de Lucas Cranach (1472-1553) Contenu abonnés


Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, du 20 octobre 2010 au 23 janvier 2011
Paris, Musée du Luxembourg, du 9 février au 23 mai 2011

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1. Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553)
Vénus et Cupidon voleur de miel, 1531
Huile sur panneau
transposé sur toile - 176 x 80 cm
Bruxelles, Musée Royaux des Beaux-Arts
Photo : Musées Royaux des Beaux-Arts
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Ce n’est évidemment pas hasard si les affiches de trois des dernières expositions consacrées à Cranach proposaient aux regards des passants trois femmes graciles à la nudité reconnaissable entre toutes : la Royal Academy of Arts londonienne avait, au printemps 2008, opté pour la Vénus (1532) du Städel Museum de Francfort1 ; à Rome, en cet automne 20102, la Galerie Borghèse met en évidence sa propre Vénus, couverte de ce chapeau-béret posé sur le côté si caractéristique de l’artiste (Vénus et Cupidon voleur de miel, v. 1531) alors qu’à Bruxelles c’est une Allégorie de la Justice (1537, coll. part.) qui attire les visiteurs. C’est qu’en effet il existe bel et bien un canon des nus de Cranach, peu à peu mis au point au fil des ans, se séparant de ses premiers modèles (en particulier Dürer) comme de la tradition antique, et fonctionnant tel un « standard » de son style, « une marque de fabrique3 » selon l’expression de Guido Messling, commissaire de l’exposition. « Marque de fabrique » non du seul Lucas Maler, natif du bourg de Kronach en Franconie – dont il se fit un pseudonyme –, mais de tout un atelier, nombreux, qui fonctionnait sur le modèle d’une véritable entreprise. On comprend dès lors que puissent se tenir simultanément à Rome et à Bruxelles deux expositions où se retrouvent nombre d’œuvres pratiquement identiques – des Ève, des Vénus (ill. 1), des Judith, des Salomé, des Lucrèce, des Mélancolie, des Chasse au cerf, etc. – que l’œil exercé des spécialistes a parfois bien du mal à identifier comme étant de la main du Cranach ou de celle de son atelier4. Reste que l’exposition proposée par le Musée des Beaux-Arts bruxellois, adoptant une scénographie à l’élégance sobre et chaude (moquette, cimaises de bois foncé trouée de caissons abritant les œuvres sous une lumière tamisée), très didactique grâce à de nombreux cartels explicatifs bienvenus, ne peut que séduire le visiteur par la qualité des œuvres (peintures, gravures, dessins) présentées.

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2. Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553)
Autoportrait, 1531
Huile sur panneau - 45,4 x 35,6 cm
Generaldirektion Kulturelles Erbe Rheinland-Pflatz -
Direktion Burgen, Schlösser, Altertümer
Photo : Musées Royaux des Beaux-Arts
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Une réserve cependant : le sous-titre de la manifestation – « Un peintre à l’époque de Dürer, de Titien et de Metsys » – laisserait supposer une confrontation assez systématique de l’œuvre de Cranach avec celle de ses trois contemporains (même si l’expression « à l’époque de… » permet toutes les interprétations). Or il convient de relativiser : si Dürer est assez bien représenté par une dizaine de gravures (dont l’Adam et Ève de 1504 et La Mélancolie de 1514), il n’en va pas de même pour Metsys qui n’a droit qu’à trois panneaux…

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