1/12/03 - Patrimoine, Corse - Alors que le rapport de la commission Rémond sur le transfert du patrimoine de l’Etat vers les collectivités territoriales vient juste d’être rendu public (voir notre éditorial du 17 novembre 2003), le journal officiel a publié (le 25 novembre) un décret du ministère de la Culture cédant à la communauté territoriale de Corse la propriété de la cathédrale d’Ajaccio ainsi que de quelques autres monuments historiques appartenant à l’Etat. Ce décret a été pris dans le cadre de la loi du 22 janvier 2002 relative à la Corse.
Les cathédrales avaient été d’office exclues de la liste des bâtiments pouvant faire l’objet d’un transfert. Le ministère se débarrasse pourtant en catimini de celle d’Ajaccio, sans tenir aucun compte des conclusions du rapport, qui préconisait que même les anciennes cathédrales reviennent à l’Etat1.
Outre son statut, qui aurait dû la protéger d’une telle décentralisation, la cathédrale d’Ajaccio est incontestablement, au sens où l’entend la commission Rémond, un « lieu de mémoire » : Napoléon y fut baptisé le 21 juillet 1771 et elle abrita longtemps la chapelle funéraire de la famille Bonaparte (lien vers le site de la fondation Napoléon).
