L’avenir des Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles : une lueur d’espoir ?


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Mur vide des Musées Royaux des Beaux-Arts
de Bruxelles en raison d’infiltrations
Photo : Didier Rykner (24/9/14)

Il y a quatre ans, on assistait, sidéré, au scandale de la fermeture soudaine, par la volonté et la décision d’un seul homme, du Musée d’Art moderne (février 2011). Aujourd’hui une pâle lueur semble poindre et apporter des raisons d’espérer que les dégâts occasionnés soient, tant que faire se peut, réparés. Cet optimisme prudent nous vient de l’autorité politique en charge des musées fédéraux au sein du nouveau gouvernement entré en fonction le 20 juillet 2014. Quelques lignes consacrées aux Musées royaux des Beaux-Arts dans une note générale diffusée par la secrétaire d’État concernée, Elke Sleurs (du parti nationaliste flamand NVA), pourraient en effet être des indices d’un tel frémissement positif. On souhaite évidement voir cela se concrétiser prochainement en prises de mesures efficaces. Six mois après la formation du gouvernement, il commence à être temps !

Depuis les événements de février 2011, l’avenir des musées à Bruxelles a occupé les médias à plusieurs reprises. Ces derniers temps, la question est à nouveau ça et là l’objet de débats publics motivés le plus souvent par les mesures d’économie qui frappent, comme tous les autres, ce secteur de l’activité du pays qu’on l’on aimerait évidemment voir épargné. Tant d’inexactitudes ont été avancées à ces occasions qu’il nous semble nécessaire de restituer cette affaire dans son contexte, lequel est, il est vrai, particulièrement complexe. Pour commencer par le plus élémentaire, on rappellera que ledit Musée d’Art moderne n’est pas une institution indépendante mais n’est en réalité qu’un département au sein d’un ensemble plus vaste dont le nom officiel est Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBA), un établissement dirigé par un directeur général (actuellement Michel Draguet) nommé pour un mandat de six ans (il est actuellement au milieu de son second mandat). Les collections des MRBA, les plus importantes du pays en peinture et en sculpture, illustrent l’histoire de l’art du XVe siècle à nos jours. Il s’agit principalement de l’art national, mais les collections renferment aussi des pièces capitales notamment des écoles italienne et française. On aura compris qu’on ne peut prendre à la légère et sans véritable connaissance de cause l’avenir de cette institution de réputation internationale.

Les Musées royaux sont un des Établissements scientifiques fédéraux de Belgique

Administrativement, les MRBA se rangent dans un conglomérat de dix-sept Établissements scientifiques fédéraux (ESF). Ceux-ci sont pratiquement tous situés à Bruxelles. Ils couvrent des domaines allant de la culture (musées, bibliothèques, archives) à la recherche spatiale, l’histoire naturelle, la météorologie etc. Ces institutions sont placées sous la tutelle de l’État fédéral, en l’occurrence aujourd’hui de la secrétaire d’État flamande Elke Sleurs. Sous le gouvernement précédent, ce sont plusieurs ministres et secrétaires d’État socialistes francophones, dont Paul Magnette, qui en ont eu la responsabilité. La gestion administrative et financière des ESF est assumée par l’Administration de la politique scientifique fédérale dont le président est, pour quelques mois encore, Philippe Mettens. Ce haut fonctionnaire socialiste et le ministre Magnette jouèrent un rôle aussi déterminant que désastreux dans les événements qui ont perturbé fortement les ESF et conduit au blocage actuel. Alors que ces établissements avaient impérieusement besoin de réformes de structure renforçant leur autonomie pour accroître leur efficacité, Magnette, Mettens et consorts les ont enfermés pendant plusieurs années dans un projet de fusion insensé dont pratiquement personne ne voulait entendre parler.

Un plan de fusion inacceptable

Selon ce programme de réformes, trois établissements culturels - les MRBA déjà cités, ainsi que les Musées royaux d’Art et d’Histoire et l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) - devaient être fusionnés en un « pôle art » appelé à être dirigé par une seule et unique personne, Michel Draguet. On aura compris combien celui-ci était intéressé par la réalisation de ce projet spécifique confectionné sur mesure pour lui. L’opposition aux plans que le trio Mettens-Magnette-Draguet voulait imposer fut véhémente. Elle ne vint pas que du personnel des musées et de l’IRPA, ce dernier étant officiellement opposé au projet ; elle émana aussi de représentants du monde académique, tant francophones que flamands, qui, le 2 décembre 2012, se sentirent dans l’obligation d’adresser un appel au Gouvernement fédéral lui-même.

Un pseudo-nouveau musée « Fin-de-Siècle » au sein d’un musée en déshérence

Le hasard (?) veut que, simultanément à la tentative de mise en place dans les différents ESF de ces projets de réformes mal conçus, la funeste décision de fermer le Musée d’Art moderne était prise par Michel Draguet dans le but de mettre à sa place un pseudo-nouveau musée baptisé « Fin-de-Siècle ». Le retrait brutal des collections d’Art moderne, sans qu’aucune solution de rechange n’ait été avancée, choqua fortement le public. Un collectif de mécontents vit très rapidement le jour sous le nom de « Musée sans Musée » qui se manifesta à diverses reprises pour réclamer le retour aux cimaises de ces collections indispensables à la connaissance de l’art moderne en Belgique. Un blog publia de son côté de nombreuses interventions motivées par le désastre frappant le monde des musées fédéraux. La supercherie que constituait le pseudo-musée « Fin-de-Siècle » (voir l’article du 7/12/13 sur ce site) et les gros travaux qu’il nécessita, avec pour conséquence, entre autres, la dénaturation du puits de lumière des bâtiments “Bastin”, ne firent qu’accroître le mécontentement du public. Celui-ci fut à son comble lorsque se produisit l’incident des forages opérés en dépit de toute règle de prudence au-dessus de salles où se tenait une magnifique exposition sur l’héritage de Van de Weyden. La fermeture prématurée de celle-ci, les coûts financiers qui en découlèrent, sans compter le discrédit international jeté sur les MRBA et leur directeur (voir la brève du 21/11/13 sur ce site) , entraînèrent une vague d’indignation supplémentaire.

A ce sombre bilan s’ajoute le fait que d‘autres travaux entrepris ailleurs dans les Musées à la fin du siècle dernier étaient arrêtés, après désamiantage, et laissés tels quels, à l’abandon, au détriment des collections d’art ancien, sans que l’opinion publique ne s’en émeuve beaucoup, hélas ! Ailleurs encore dans les bâtiments, des infiltrations dans les verrières mal entretenues contraignaient la direction à retirer pendant longtemps, sans autre réaction, la prestigieuse collection d’esquisses de Rubens (enfin présentées ailleurs dans le musée depuis peu, voir la brève du 24/9/14 sur ce site). Ceci fit ressortir aux yeux de tous que l’ensemble des locaux des Musées, remis à neuf il y a plus de 40 ans mais mal entretenu par une Régie des Bâtiments de l’État de plus en plus limitée dans ses moyens, était dans un état d’usure affligeant et demandait une indispensable rénovation. Ces urgences évidentes n’empêchèrent pas le directeur général de faire placer, on devine à quels frais, au milieu des salles d’Art ancien et dans les escaliers royaux (au détriment une fois de plus des collections historiques), des œuvres d’un artiste-vedette actuel. Ô combien pitoyable stratégie psychologique supposée compenser la relégation en réserve des collections d’art moderne et contemporain !

L’abandon des projets de réformes, le problème des Musées au frigo, l’Irpa sauvé des eaux

Cette accumulation de faits scandaleux a été évoquée dans deux articles de La Tribune de l’Art. Le premier remonte au 6 août 2012. Le 10 octobre 2013 nous ne pouvions hélas que déplorer la détérioration de la situation. Quelques mois plus tard, une étape devait être franchie avec de la démission de Michel Draguet de la direction du Cinquantenaire qu’il cumulait avec celle des MRBA de manière indue ; il est clair qu’il n’avait été désigné à cet effet par Mettens que pour engager la fusion des deux musées (voir l’article du 22/02/14 sur ce site). C’est alors que le secrétaire d’État Philippe Courard, successeur de Paul Magnette, décida, compte tenu de la situation chaotique peu maîtrisable dans laquelle on se trouvait, de mettre au frigo les problèmes touchant les musées, laissant de la sorte le dossier au gouvernement appelé à sortir des urnes aux prochaines élections. Il rejetait néanmoins le projet de création des différents « pôles » pour l’ensemble des ESF dont son prédécesseur et surtout Philippe Mettens avaient voulu forcer la mise en place. L’IRPA de son côté voyait dès lors avec soulagement son autonomie sauvegardée et pouvait envisager la poursuite de ses missions statutaires en dépit de mécanismes et de contraintes budgétaires de plus en plus asphyxiants.

Et les collections d’Art moderne dans tout cela ?

Venons-en plus précisément à la question de l’avenir des collections d’Art moderne des MRBA que Michel Draguet avait retirées des salles en 2011. Il n’en retenait que les œuvres utiles pour son pseudo-musée « Fin-de-Siècle », c’est-à-dire une petite partie seulement des collections couvrant les XIXe et XXe siècles. Tel était le bon plaisir du directeur général. Face au mécontentement que cela provoqua, celui-ci alla jusqu’à se justifier dans la presse en expliquant avec le plus grand sérieux qu’il n’y avait pas eu d’art moderne digne de ce nom en Belgique ! Stupéfiant. Exit le Musée d’Art moderne sans autre forme de procès. Qui plus est, avec Dieu sait quels moyens financiers, Michel Draguet envisageait avec un aplomb incroyable de lancer l’institution dont il avait la direction dans une trajectoire folle, l’engageant pour des décennies, hypothéquant les choix de ses successeurs et impliquant par exemple des transferts d’œuvres venant de diverses collections fédérales vers des lieux à adapter voire à transformer alors qu’ils venaient à peine d’être rénovés ; c’est le cas notamment du bâtiment de l’Old England abritant (pourtant fort bien) le Musée des instruments de Musique, celui-ci devant à son tour être déménagé vers les environs de la Monnaie dans des locaux à remodeler de fond en combles etc, etc. Présentés au sein d’un plan de réformes destinées à rationaliser le fonctionnement des institutions scientifiques et réduire leurs dépenses (!), ces projets totalement irréalistes ont été heureusement écartés par le gouvernement.

Le règne de la confusion

Le rappel de ces péripéties dépassant l’entendement était nécessaire car c’est dans ce contexte très particulier qu’est alors apparue l’idée d’un « Musée d’Art moderne et contemporain » à créer, idée lancée on ne sait trop par qui et largement diffusée par la presse. Ce fut une aubaine pour Michel Draguet : on créait une diversion qui allait concentrer l’attention du public sur autre chose que les MRBA eux-mêmes. De beaux esprits, proches ou issus du parti socialiste mais peu connus pour leur compétence en matière artistique, firent entendre leurs voix. Agités par les inaugurations successives un peu partout dans le monde de bâtiments-musées spectaculaires, ils avaient subitement découvert que Bruxelles ne possédait pas dans ses murs de Musée d’art contemporain digne d’une grande ville. (Ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque le Wiels, pour ne citer que ce centre d’art contemporain, existe et fonctionne bien). Ils n’eurent dès lors plus à la bouche qu’un « geste architectural fort » à construire sur les bords du canal avec à la clé, avançaient-ils sans rire, un « effet Bilbao » des plus illusoire mais combien démagogique. D’autres sont venus prôner l’installation d’un tel musée dans les bâtiments 1930 de la firme Citroën, certes fort beaux et méritant une réaffectation de qualité, mais totalement inadaptés à une fonction muséale sauf à y effectuer des travaux que personne n’a les moyens de financer ; mais peu importe, c’était un encore un sujet porteur permettant de prendre des positions soi disant audacieuses aux yeux d’une opinion publique qui n’y comprend évidemment rien et est prête à se précipiter sur ce miroir aux alouettes. Michel Draguet lui-même vint faire un tour de piste avec un projet de musée de ce genre à construire dans le parc du Cinquantenaire… à cheval au dessus d’une autoroute urbaine ! Avant de comprendre que son idée ne plaisait pas vraiment et de se ranger « en toute humilité » derrière les autres annonceurs de projets tous aussi hors de propos les uns que les autres.

Des projets en voulez-vous en voilà !

Il faut rappeler ici que ces hypothèses Citroën, Cinquantenaire, zone du canal et autre « geste architectural », faisaient suite à l’idée émise en son temps, puis abandonnée aussi vite qu’elle avait été avancée, d’adapter à grands frais (quoique à titre temporaire), les anciens magasins Vanderborght. C’est de ce dernier projet qu’était née également l’idée saugrenue (une de plus !) d’associer la Ville de Bruxelles, propriétaire du Vanderborght, à la recherche d’un lieu de rechange pour abriter les collections mises à la porte des MRBA par Michel Draguet. Loin de le résoudre, cela ne faisait que compliquer le problème, puisque cela impliquait de mêler des niveaux de pouvoirs et des statuts de propriété différents (Ville de Bruxelles et État fédéral). A cela s’est vite ajouté l’inconvénient que les locaux, non seulement étaient trop exigus pour constituer une solution durable, mais que de surcroît il fallait y mener de gros travaux. Et comme s’il fallait encore compliquer davantage les choses, Rudi Vervoort, président de la Région bruxelloise (encore un niveau de pouvoir supplémentaire !), se découvrait subitement lui aussi un grand intérêt pour la culture et venait ajouter son grain de sel en se déclarant urbi et orbi partisan de la création d’un Musée d’art moderne et contemporain dans la capitale de l’Europe qui soit un phare pour celle-ci dont l’éclat allait attirer des myriades de touristes. De telles déclarations ne coûtent qu’un peu de salive. Leur inanité, dans la situation actuelle des choses, saute aux yeux parce qu’il n’existe tout simplement pas de collection publique d’art contemporain à Bruxelles et encore moins de budget à y consacrer. Il est donc impératif d’avoir un musée, mais on ne sait pas ce qu’on va y montrer et on n’a pas le premier euro à y investir ! On ne dit pas non plus comment les collections modernes des MRBA, propriété de l’État belge, vont pouvoir être intégrées dans cette nouvelle entité sur laquelle la Ville de Bruxelles ainsi que la Région bruxelloise auraient autorité ! On nous dit en revanche que des collections particulières contribueraient à y garnir les cimaises. Est-ce le rôle d’un musée public de valoriser des œuvres contemporaines dont chacun sait qu’elles ont la particularité, dans bien des cas, d’être essentiellement spéculatives ? On ne semble d’ailleurs pas réaliser que gérer des collections d’art des XIXe et XXe siècles requiert d’autres compétences que diriger un centre d’art contemporain. Il faudrait donc créer de toutes pièces une institution nouvelle (de statut hybride État-Région-Ville) et procéder à une modification fondamentale de l’établissement fédéral existant. Absurde. On ne semble pas non plus songer, dans l’hypothèse où tous ces obstacles seraient levés, au temps que tout cela prendrait (à notre avis au moins quinze ans) pour être mené à terme alors que les collections modernes des MRBA sont en souffrance depuis déjà bien trop longtemps. N’oublions pas non plus que les bâtiments eux-mêmes des MRBA, mal entretenus depuis leur réouverture en 1981, sont en très mauvais état et demandent une intervention lourde… et urgente : la pluie ruisselant sur les œuvres en témoignent. Au fil du temps apparaissent aux murs de plus en plus lugubrement nus, de nouveaux cartels indiquant : « Tableau retiré pour cause d’infiltrations d’eau » !

Enfin une prise de position qui a l’air sensée

Telle est la situation pour le moins confuse dont a hérité la nouvelle majorité gouvernementale. Dans une note rendue publique en décembre 2014, la secrétaire d’État, Elke Sleurs, a fait connaître sa position. Celle-ci consiste, non sans sagesse, nous semble-t-il, à remettre les pendules à l’heure, à savoir : résoudre en priorité les problèmes bien identifiés depuis belle lurette que posent les bâtiments existants aux MRBA, tel que l’achèvement des travaux dans les salles désamiantées mais laissées en l’état depuis plus de dix ans. Est aussi annoncé le retour aux cimaises des MRBA des œuvres évacuées intempestivement par Michel Draguet. Quand, dans sa note, Elke Sleurs parle de supprimer le « Fin-de-Siècle », on peut supposer qu’elle veut signifier par là son intention de retourner à la case départ, étant donné que ce musée n’existe tout simplement pas administrativement ! Il n’est pas difficile de vérifier, en effet, qu’il est essentiellement composé d’œuvres faisant partie des collections des MRBA que Michel Draguet a simplement étoffées avec l’une ou l’autre pièces venant d’autres musées ou collections. Il n’a en somme pas fait grand chose d’autre que baptiser « musée » quelques salles des MRBA tout en faisant le vide alentour. Curieuse façon de donner de la cohérence à son soi-disant nouvel ensemble.

L’opération de retour en place annoncée par Madame Sleurs est violemment critiquée par la nouvelle opposition qui feint d’ignorer tout ce qui a été rappelé ci-dessus ; elle ne devrait pourtant pas être particulièrement coûteuse puisque une grande partie des travaux d’aménagements du « Fin-de-Siècle » concernent l’équipement des lieux et restent donc acquis. Il n’est, du moins pour l’instant, pas question d’affecter un budget quelconque à un musée à construire ou à installer ailleurs. Avec une mauvaise foi éclatante, cette décision marquée du sceau de la sagesse est dénigrée par les édiles communales et régionales bruxelloises qui avaient accroché leur wagon à des opérations culturelles bling-bling évoquées ci-dessus, séduisantes en paroles mais un tantinet plus compliquées à résoudre concrètement. Ce sont ceux-là qui affirment que la secrétaire d’État s’oppose à ce que Bruxelles soit doté d’un Musée d’Art contemporain… Or la création d’un tel lieu n’a jamais existé que dans l’esprit de gens ignorant le fond du problème, et ce problème concerne en premier lieu et en priorité absolue les MRBA.

On ne peut donc qu’approuver l’option prise par le nouveau cabinet ministériel de remettre de l’ordre dans la confusion générée par les projets de Michel Draguet et noyées dans une confusion plus grande encore par ses supporters. Il s’agit de clairement séparer ce qui appartient au domaine fédéral, les MRBA, et ce qui ressort d’une politique locale, qu’elle soit communale ou régionale. Cela dit, nous serions les premiers à applaudir si, parmi les projets lancés sans se soucier de leur faisabilité, l’affectation du garage Citroën pouvait se concrétiser. Et si par ailleurs, Bruxelles pouvait par miracle se voir dotée d’un centre d’Art contemporain d’initiative publique, cela ne ferait qu’ajouter au dynamisme de la ville dans ce domaine où les galeries privées font preuve d’une vitalité que l’on s’accorde à trouver remarquable.

N’oublions pas le scandale des autres collections négligées, voire oubliées, depuis des décennies

Il semble donc qu’une volonté de reprise en main se manifeste. Non seulement il est question de redéployer les collections d’Art moderne dans les locaux qu’elles n’auraient jamais dû quitter, mais on s’orienterait aussi vers une reprise des travaux de remise en état des salles du musée d’Art ancien. La fermeture de ces dernières avait évidemment conduit à écarter nombre de tableaux anciens des cimaises pour n’en garder qu’une sélection. Cette situation dure depuis si longtemps que plus personne ne songe à tous ces trésors devenus invisibles. Il en est, hélas !, bien d’autres encore. Car d’autres salles, inaugurées en 1985, furent elles aussi fermées. Y avaient principalement été présentées (pendant trop peu d’années) la sculpture des XIXe et XXe siècles. En réalité, ces collections, indispensables à la connaissance de l’art de la sculpture moderne en Belgique sont allées rejoindre dans les réserves (elles sont décidément bien garnies aux MRBA !) les sculptures baroques des XVIIe et XVIIIe siècles. On trouvera ici un exposé complet de la question. Dans la perspective d’une mise à plat de la gestion et de la mise en valeur générale des collections, il serait dommage que le sort de cet ensemble unique ne soit pas envisagé.

Il y a décidément du pain sur la planche de madame la secrétaire d’État. Nous lui souhaitons d’arriver à maîtriser une situation dont on aura pu mesurer la charge qu’elle représente. Espérons que petit à petit les MRBA retrouvent leur honneur perdu.


Denis Coekelberghs, mardi 20 janvier 2015





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