L’ascension de Charles Le Brun. Liens sociaux et production artistique Contenu abonnés


Auteur : Bénédicte Gady

Ceux dont je fus, qui eurent la chance d’assister en 2006 à la soutenance par Bénédicte Gady de sa thèse de doctorat de Sorbonne, en attendaient impatiemment la publication. L’ouvrage qui en résulte illumine le contexte dans lequel se déroulèrent les quarante premières années de la vie et de la carrière de Charles Le Brun, 1619-1661, en général laissées dans l’ombre au profit des trente années de son apogée. Il ouvre de plus un champ nouveau de pistes de réflexion aussi insoupçonnées que passionnantes.

L’immense artiste qu’est Le Brun restait encore très méconnu, réduit à quelques clichés, en dépit de la monographie que lui avait consacrée en 1889 Henry Jouin, ceci jusqu’à la courageuse exposition qu’organisèrent à Versailles en 1963 Jacques Thuillier et Jennifer Montagu, Charles Le Brun 1619-1690, peintre et dessinateur. Pour beaucoup, ce fut une révélation. Depuis, les restaurations spectaculaires du Pavillon de l’Aurore à Sceaux, de la Galerie d’Apollon au Louvre et de la Grande Galerie de Versailles, diverses expositions dont celles des tapisseries des Gobelins, la publication du corpus des dessins du Louvre par Lydia Beauvais, celle du manuscrit de Nivelon par Lorenzo Pericolo, et bien d’autres manifestations et études, en particulier celles menées par sa grande spécialiste, Jennifer Montagu, avivant nos connaissances, remirent Le Brun au goût du jour. C’est d’ailleurs Jennifer Montagu qui a préfacé ici l’ouvrage de Bénédicte Gady, indiquant avec humour et modestie quel fut son propre cheminement quand elle commença elle-même à étudier Le Brun avec les moyens de l’époque, suggérant un parallèle intéressant à approfondir entre les méthodes du Premier peintre et celles de Bernin quand ils recouraient à l’assistance d’autres artistes pour de vastes commandes.
Or, on s’aperçoit que si Bénédicte Gady n’avait décrypté les débuts et l’ascension du peintre pendant ces premières quarante années essentielles, bien des choses nous échapperaient et on ne pourrait prétendre comprendre le rôle époustouflant qu’il sut jouer dans la période la plus brillante de l’art monarchique.

Bénédicte Gady ne nous propose pas ici une monographie nouvelle et partielle du peintre qu’accompagnerait un catalogue raisonné des œuvres, même si elle en établit d’innombrables jalons. La question centrale qu’elle pose est bien plutôt celle-ci : comment ce fils d’un modeste sculpteur de la maîtrise, Nicolas Le Brun, réussit-il à être remarqué tout jeune, avant l’âge de 18 ans, par le très puissant chancelier Pierre Séguier, lequel lui assura aussitôt et définitivement sa protection et lui permit de prendre, grâce à son talent précoce, un essor fulgurant ? En un mot, comment devint-il le grand Charles Le Brun.
Pour cela, avec une loupe extrêmement critique, elle réexamine les données souvent contradictoires que proposent les tout premiers « biographes » du peintre (Guillet de Saint-Georges, Claude Nivelon, Roger de Piles, Florent Le Comte, l’auteur anonyme de la notice…

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