L’Âge d’or du romantisme Allemand. Aquarelles et dessins à l’époque de Goethe Contenu abonnés


Paris, Musée de la Vie Romantique, du 4 mars au 15 juin 2008.

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1. Joseph Stieler (1781-1858)
Johann Wolfgang von Goethe, 1828-1830
Mine de plomb, aquarelle et rehauts de blanc - 27,8 x 36,3 cm
Munich, Bayerishen Staatsgemäldesammlungen
Photo : Bayerishen Staatsgemäldesammlungen
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Ils sont tous là. Tous ceux dont Nerval disait qu’ils étaient les fils de cette « Allemagne, notre mère à tous ». Oui, tous, des plus connus – Friedrich, Runge, Carus, Füssli (qui était Suisse mais fit surtout carrière en Angleterre), Tischbein, Kersting, Overbeck, von Schadow, Schinkel – aux quelque cinquante autres moins célèbres. En tout 124 dessins et aquarelles réunissant 59 artistes qui forment un panorama remarquablement complet de l’art du dessin des pays germaniques entre 1770 et 1830. Rien d’étonnant que la figure de Goethe se soit imposée pour cristalliser aux yeux du public français cette floraison graphique qui n’eut d’égale dans les pays germaniques que l’époque de Dürer au début du XVI e siècle : Goethe (1749-1832), lui-même dessinateur de talent à ses heures (outre un superbe portrait à la mine de plomb rehaussée d’aquarelle de Joseph Karl Stieler - ill. 1 - le représentant vers la fin de sa vie, une encre brune de sa main datant de son séjour en Italie [1786-1788] saisit dans le lointain le dôme de Saint-Pierre depuis les jardins du Pincio, montrant au premier plan la muraille d’Aurélien que troue la Porta del Popolo et que surmontent les coupoles de l’église Santa Maria prolongées à droite d’un obélisque et à gauche des arbres qui gravissent la colline) et auteur d’un Traité des couleurs en 1810, est en effet la figure de proue de ce que l’on appelle le « romantisme allemand ». Abus terminologique, tant il est vrai que l’auteur des Souffrances du jeune Werther (1774) qui firent pleurer des générations d’« enfants du siècle » est difficilement classable, défenseur du classicisme (au sens germanique du terme) et du néo-classicisme (dont la voie avait été tracée par les travaux de Winckelmann [Réflexions sur l’imitation des œuvres grecques en sculpture et en peinture, 1755]), mais contempteur des modernités esthétiques qui s’élevaient alors. Abus terminologique par simplification, aussi, tant il est difficile d’associer « le » romantisme protestant des villes du Nord et « le » romantisme catholique du Sud. Car le romantisme allemand, précoce au regard de son homologue français qui y puisa ses aspirations naissantes (cf. le De l’Allemagne de Mme de Staël [1810]) est aussi fondamentalement divers du fait de l’éparpillement des foyers entre Weimar, Dresde, Berlin, Iéna, Ulm, etc. Outre la qualité des œuvres rassemblées grâce au travail patient de Daniel Marchesseau et de son commissaire invité, Hinrich Sieveking, il faut aussi savoir gré au Musée de la Vie romantique de sa présentation sobre et élégante, de ses informations précises tant à l’entrée des salles que dans le précieux dépliant distribué pour suivre le parcours et qui permet d’entrer dans la compréhension des œuvres au-delà de la…

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