Une esquisse de Klimt pour le musée de Jérusalem


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Gustav Klim (1862-1918)
La Médecine, 1897-1898
Huile sur toile
Jérusalem, The Israel Museum
Photo : The Israel Museum

27/5/14 Acquisition - Jérusalem, The Israel Museum - On ne conserve presque rien du projet de Klimt pour le décor du plafond de l’Université de Vienne que le Ministère de la culture et de l’éducation autrichien lui avait commandé en 1894. La réalisation de cinq peintures fut en réalité confiée à deux artistes : Klimt et Franz Matsch qui fut chargé de la composition centrale du Triomphe de la lumière sur les ténèbres et de la Théologie, deux œuvres qui se trouvent encore à l’Université1. Gustav Klimt réalisa les trois autres allégories qui encadraient la scène principale : La Philosophie, La Médecine et La Jurisprudence.
L’université s’attendait à des peintures académiques, mais Klimt s’éloigna rapidement de ses premières esquisses et La Philosophie fit scandale en 1900, montrée lors de la septième exposition de la Sécession à Vienne ainsi qu’à l’Exposition universelle de Paris où elle remporta une médaille d’or.
Puis ce fut au tour de La Médecine, présentée en 1901 à l’occasion de la dixième exposition de la Sécession. A droite, la roue de la vie est formée par des corps nus contorsionnés, d’où surgissent un squelette et une femme drapée de rouge. A gauche, une figure féminine flotte dans l’espace, un nouveau né à ses pieds ; elle incarne la vie, mais est reliée à la roue par son propre bras qu’elle tend et par celui d’un homme qui l’agrippe. Hygie déesse de la santé et de l’hygiène se dresse au premier plan, représentée conformément à l’iconographie traditionnelle avec un serpent à plusieurs replis sur son sein, qui avance la tête pour boire dans une coupe. L’œuvre, trop érotique, fit scandale, d’autant qu’elle ne montre pas les pouvoir de la médecine, mais suggère plutôt que nul n’échappe au déclin ni à la mort.
La Jurisprudence enfin était incarnée par un criminel prisonnier de ses instincts, à côté de la Justice.
Les toiles de l’artiste, considérées comme une invitation à la perversion, ne furent pas disposées au plafond de l’Université de Vienne. Klimt les récupéra ; elles disparurent par la suite dans l’incendie du château d’Immendorf allumé par les troupes SS en 1945.

C’est une étude à l’huile sur toile pour la Médecine qu’a achetée le musée de Jérusalem à Herman Wittgenstein qui l’avait lui-même acquise auprès de l’artiste ; elle était restée dans la famille du collectionneur jusqu’à son achat par le musée.
La composition finale est déjà définie dans cette esquisse. Il manque le nouveau-né et Hygie est ici couronnée de lauriers d’or alors qu’elle semble dotée d’une coiffure complexe formée de plumes de paon également dorée dans la version achevée. Plusieurs dessins préparatoires sont en outre conservés, notamment à l’Albertina.
Cette huile, qui témoigne d’un tournant dans l’œuvre de Klimt, rejoint des œuvres graphiques du maître que possède déjà le musée.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 27 mai 2014


Notes

1La Théologie ne se trouve plus dans son lieu d’origine mais dans une autre pièce de l’Université aujourd’hui.





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