Juan Bautista Maíno (1581-1649) Contenu abonnés


Madrid, Museo del Prado, du 20 octobre 2009 au 17 janvier 2010

JPEG - 198.1 ko
1. Juan Bautista Maíno (1581-1649)
La récupération de Bahia
Huile sur toile - 309 x 381 cm
1634-1635
Madrid, Museo Nacional del Prado
Photo : Madrid, Museo Nacional del Prado
Voir l'image dans sa page

Le musée du Prado présente, jusqu’au 17 janvier prochain, une exposition consacrée à un artiste peu connu en dehors d’Espagne, Juan Bautista Maíno (1581-1649), un caravagesque très important pour l’histoire de l’art espagnol puisqu’il fait partie de ceux qui, à l’avant-garde de ce courant européen et du vivant même de Caravage, vont contribuer à renouveler entièrement le langage pictural de son temps. Le milieu hispanico-caravagesque de Rome, à l’aube du XVIIe siècle, a été étudié dès 19651 par Pérez Sánchez qui a révélé le rôle de « passeurs » d’artistes romains tels que Crescenzi, Borgianni, Cavarozzi ou Nardi qui se rendirent à Madrid dans les toutes premières années du siècle. Or la place de Maíno n’a pas été, jusqu’à aujourd’hui, pleinement prise en compte dans ces courants d’échanges et il était temps que son rôle fût enfin réévalué, comme l’a été, et depuis longtemps, celui de Ribera à Naples.
Au premier abord, l’exposition actuelle du Prado s’adresse aux spécialistes, notamment en ce qu’elle met très subtilement en rapport l’artiste avec ses contemporains (une trentaine d’œuvres présentées, de Caravage à Velázquez en passant par Reni et Gentileschi) et qu’elle suscite nombre d’interrogations, en particulier sur certaines attributions, peut-être trop peu discutées dans le catalogue (excellent, au demeurant). Mais que l’on se laisse aller à parcourir les salles en oubliant l’histoire de l’art et les points de référence du peintre, alors sa force, son attention au détail humble et réaliste, son accessibilité et son humanité éclatent et nous ramènent à un art presque populaire, au bon sens du terme, où l’expression de la foi ne se départit pas d’une certaine naïveté et dont le brillant savoir-faire technique n’étouffe pas la profonde sincérité.

Juan Bautista Maíno est né à Pastrana (province de Guadalajara) en octobre 1581. Son père était un marchand d’origine milanaise – nous reviendrons sur ce point clef de sa personnalité – et sa mère, Ana de Figueredo, une Portugaise. De sa formation comme peintre, à Madrid puis en Italie, rien n’est connu avec précision et seul le style de ses tableaux, recoupé par quelques témoignages écrits, permet d’entrevoir ses sources et les influences qu’il a pu assimiler.
Le voyage en Italie est évidemment un moment fondamental dans la carrière du jeune artiste. Fut-il envoyé à Milan par son père pour affaires ? Rappelons que Maíno y est un nom répandu et qu’il est notamment celui d’une célèbre famille de sculpteurs qui s’est illustrée à Pavie, au XVIe siècle, sur le chantier de la chartreuse. Son grand-père, Francisco del Maíno, était apparenté au marquis de Marignano y Maíno et en relation avec le gouverneur du duché. Roberto Caimo, par exemple, mentionnant des tableaux du couvent San Estebán de Salamanque,…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Louis XIV. L’homme et le roi

Article suivant dans Expositions : Beautés monstres. Curiosités, prodiges et phénomènes