Jordaens (1593-1678) La gloire d’Anvers Contenu abonnés


Paris, Petit Palais, du 19 septembre 2013 au 19 janvier 2014.

JPEG - 165.9 ko
1. Jacques Jordaens (1593-1678)
Autoportrait de l’artiste avec sa femme
Catharina van Noort, leur fille Elisabeth
et une servante dans un jardin
, 1621-1622
Huile sur toile - 181 x 187 cm
Madrid, Museo nacional del Prado

Le Roi boit ! Et Jordaens trinque. Victime du succès de cette toile qui éclipsa toutes les autres. Étiqueté peintre bourgeois bon-vivant, cantonné aux scènes de genre, il devint le candidat idéal pour incarner l’identité flamande qui se réveilla au XIXe siècle avec les nationalismes. On eut d’ailleurs tôt fait de transformer son prénom Jacques en Jacob1 ; ça sonnait sans doute mieux. Rubens et Van Dyck étaient quant à eux trop cosmopolites pour jouer le rôle de héros nationaux, alors que le jovial Jordaens avait passé la majorité de sa carrière à Anvers et ne posa pas un doigt de pied en Italie (ce qui ne l’empêcha pas de connaître ni de copier des œuvres italiennes). En France comme ailleurs, il resta le peintre de la truculence et traversa les siècles à l’ombre du grand Rubens, éternel disciple, émule au mieux. Comme le rappelle Alexis Merle du Bourg2, il fut boudé par Félibien, défendu par Roger de Piles qui signala ses grands sujets, puis réduit au statut de peintre de genre par Mariette qui décidément plaçait Rubens un cran au-dessus. Les musée français conservent pourtant un bon nombre de ses peintures d’histoire, parmi lesquelles Le Christ chassant les marchands du temple fut son premier tableau à rejoindre, en 1751, ceux de Van Dyck et de Rubens dans les collections royales.
En proposant la première rétrospective de l’artiste en France, le Petit Palais rappelle toute la diversité de l’art de Jordaens, sa spécificité également. Chaque œuvre, dans le catalogue, fait l’objet d’une notice particulièrement riche et documentée. Didactique, l’exposition s’adresse aux initiés comme au grand public, grâce à des cartels détaillés et des séquences pédagogiques, tandis que la scénographie s’adapte à chacune des sections. Les différents genres abordés par le peintre sont mis en valeur par un parcours thématique qui évite en outre de terminer par les dernières années de sa carrière, Jordaens faisant partie de ces artistes morts un peu trop tard...

JPEG - 119.4 ko
2. Jacques Jordaens (1593-1678)
Adoration des Bergers, 1616-1617
Huile sur toile - 255 x 175 cm
Grenoble, Musée de Grenoble

En guise d’introduction, la première salle résume le contexte historique et géographique d’Anvers. On pénètre ensuite dans un intérieur bourgeois, doté de meubles anversois du XVIIe siècle, la plupart prêtés par le musée de Saint-Omer. Un arbre généalogique et des œuvres de peintres contemporains du maître évoquent le paysage artistique de l’époque. Et puis, au centre, un grand autoportrait du Jordaens avec sa famille donne le ton (ill. 1) : les personnages, en pied, se tiennent dans un « jardin d’amour », animé par la sculpture d’un putto et d’un dauphin mêlés l’un à l’autre, motif emprunté à Rubens. La présence d’une servante et le détail du luth, attribut…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Saint Jérôme et Georges de La Tour

Article suivant dans Expositions : Masculin / Masculin. L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours