Jean-Luc Martinez reconduit à la tête du Louvre


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Jean-Luc Martinez
Photo tirée d’une vidéo DSIN
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4/4/18 - Nomination - Paris, Musée du Louvre - Il n’y a, hélas, pas eu de surprise. Comme nous nous y attendions, Jean-Luc Martinez a été reconduit pour trois ans à la tête du Louvre en conseil des ministres par le Président de la République sur proposition de Françoise Nyssen. Nous n’épiloguerons pas longtemps sur cette nouvelle, si ce n’est pour souligner le communiqué de presse surréaliste que vient d’envoyer la ministre de la Culture. Elle y « salue son bilan à la tête du musée du Louvre et lui réaffirme toute sa confiance pour amplifier les progrès réalisés ces dernières années et mener à bien les nouveaux objectifs qui lui sont fixés pour trois années à venir ». Elle souligne que Jean-Luc Martinez s’est distingué « par une offre adaptée aux publics prioritaires », quand nous démontrions ici-même que c’est exactement l’inverse qui est vrai. Elle explique qu’il a permis « au visiteur d’expérimenter une rencontre particulière et privilégiée avec des œuvres ». Surtout, probablement, dans des salles de plus en plus fermées. Il conduit « le chantier du Centre de Conservation du Louvre à Liévin », ce qui est indéniable, mais la ministre oublie juste de préciser que c’est contre l’avis de la plupart de ses conservateurs. Elle pense que « le rayonnement international du musée s’est accru » quand celui-ci devient un objet de plaisanterie pour la plupart des musées étrangers. Elle espère que la fréquentation poursuivra sa hausse « repartie depuis 2017 » en ignorant ou feignant d’ignorer que sous son mandat le Louvre a connu la plus forte baisse de fréquentation de ces dernières années, bien supérieure à celle des autres musées qui ont eu à subir eux aussi l’impact des attentats... Nous avons publié plusieurs articles sur le bilan de Jean-Luc Martinez - son vrai bilan, avec des chiffres et des faits indiscutables - mais la réalité n’intéresse manifestement pas Emmanuel Macron et sa ministre, qui préfèrent vivre dans un monde imaginaire.

Comme le remarquait récemment Le Figaro, et sur ce point nous sommes d’accord avec l’article, Jean-Luc Martinez a une qualité : « en cinq ans, tous les ministres de la Culture ont pu compter sur lui pour mettre en œuvre les politiques publiques ». En interne - en tout cas du temps où il était directeur du département des Antiquités Grecques et Romaines - cela se traduisait par « on est là pour obéir ». Jean-Luc Martinez obéit, et c’est tout ce que demande un gouvernement qui ne connaît rien aux musées, sinon ce que cela peut lui apporter du point de vue diplomatique ou politique.

Bien entendu, nous continuerons à parler de l’actualité du Louvre, positivement - cela arrive - et négativement - c’est hélas beaucoup plus fréquent. Ce musée va très mal, et on ne voit hélas pas ce qui pourrait le faire aller mieux dans les trois ans à venir.


Didier Rykner, mercredi 4 avril 2018





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