Interview de Mark Jones, directeur du Victoria & Albert Museum Contenu abonnés


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1. Mark Jones
Directeur du V & A Museum
Photo : D. R.
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Le Victoria & Albert Museum a ouvert, en décembre dernier, ses nouvelles galeries du Moyen Age et de la Renaissance (voir l'article). A cette occasion, nous avons interrogé Mark Jones, son directeur, sur les travaux en cours et la politique menée par ce musée.

Quels ont été les travaux menés au Victoria & Albert Museum ces dernières années ?

Depuis dix ans, le Victoria & Albert Museum travaille sur ce qu’on appelle le « plan du futur ». Il s’agit d’un projet de restauration des salles et de réorganisation des collections. Actuellement, nous avons mené ces travaux dans environ 70% du musée. Le premier gros projet était peut-être les British galleries qui ont ouvert en novembre 2001, mais depuis cela nous avons mené à bien de nombreux autres chantiers, très variés, allant des bijoux aux céramiques, de l’argenterie à l’architecture. Nous avons un nouveau Centre éducatif, un nouveau café, un nouveau jardin, une nouvelle galerie de sculptures et ainsi de suite. L’objectif est de valoriser au mieux le bâtiment que nous occupons en retournant, dès que cela est possible, aux intentions des concepteurs lors de la création du musée, en privilégiant la redécouverte ou la restauration des décors d’origine. Il s’agit d’accompagner les visiteurs en redonnant un sens au musée.
Nous essayons d’aider les gens à comprendre comment sont créées les œuvres et de les replacer dans leur contexte historique et culturel. Ainsi, l’objectif de ces galeries Médiévale et Renaissance en particulier est d’exposer ensemble l’art européen du moyen âge et de la période moderne qu’il s’agisse d’arts décoratifs, de sculptures et même de peintures.
Exposer côte à côte les beaux-arts et l’art décoratif est un choix affirmé pour que les visiteurs voient les œuvres comprennent les liens entre les mécènes et les artistes, entre l’Europe et le reste du monde. Nous ne croyons pas à l’idée encore largement répandue du progrès en art. Quelqu’un de sensible ne peut pas penser en ces termes. Pour prendre l’exemple de l’art chinois, est-ce que les objets produits antérieurement à la dynastie Tsing lui sont inférieurs ? Personne ne le croit. Et pourtant, d’une certaine façon, beaucoup de gens s’imaginent encore que l’art est une affaire de progrès et que chaque siècle est meilleur que celui qui l’a précédé. Nous voulons dire l’inverse, d’une manière factuelle. L’espérance de vie au XVIIe siècle n’était pas plus longue qu’au XIIIe siècle, elle était plus courte. Les visiteurs doivent se servir de leurs yeux et constater l’évidence. On peut voir qu’on ne passe pas d’une espèce de bestialité à la civilisation. Je pense aussi, et c’est quelque chose de plus personnel, qu’il est temps de contester la brillante affirmation faite par les italiens au XVIe siècle qui veut que l’histoire de l’art a, en un sens, commencé dans leur pays un siècle plus tôt. Bien sûr, nous savons que ce n’est pas vrai. Mais d’une certaine…

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