Interview de Francesco Petrucci, directeur du Palazzo Chigi à Ariccia


Francesco Petrucci, directeur du Palazzo Chigi, a une formation d’architecte, restaurateur de monuments historiques. Il est l’auteur de nombreuses études sur le baroque, notamment d’une monographie sur les peintures du Bernin. Il s’est ainsi progressivement orienté plutôt vers l’histoire de la peinture, en publiant également une monographie du portraitiste Jacob Ferdinand Voet (dont le Palazzo Chigi conserve plusieurs œuvres). Il s’est d’abord occupé de la restauration du palais, puis a pris sa direction en 1998 (voir l’article sur ce musée).

local/cache-vignettes/L228xH289/Petrucci-2c0a2.jpg Pouvez-vous nous dire ce qu’est le musée du Baroque, quand est-il né et avec quelle collection ?

Le palazzo Chigi est un palais du XVIIe siècle essentiellement, même s’il a une partie de la seconde moitié du XVIe. Il est dû aux travaux commandés par la famille Chigi et exécutés par le Bernin et de son collaborateur Carlo Fontana. Bernini a pris en charge toute la restructuration de la commune d’Ariccia, a construit l’église de l’Assunta et a restructuré la place qui se trouve entre le palais et l’église. Dans le village, il a dirigé aussi des travaux sur la Porta Romana, de la Porta Napolitana, et sur le sanctuaire de Galloro. Le palais était la principale résidence de campagne de la famille Chigi, propriétaires du Palais Chigi de Rome. En 1917, les princes Chigi ont vendu le palais de Rome à l’Etat Italien, puis en 1918 une partie de la collection de peintures qui se trouve aujourd’hui à la Galleria Nazionale du Palais Barberini. Certaines œuvres ont alors été transférées à Ariccia. Le palais Chigi conserve encore aujourd’hui outre la collection du XVIIe, des peintures, des sculptures et des meubles qui proviennent du Palazzo Chigi de Rome. Le Palais a été acheté en 1988 au prince Agostino Chigi par la ville avec tout son ameublement, et avec les petit palais construits par le Bernin qui se trouvent sur la place. Dans ces vingt dernières années, différentes restaurations ont été faites, tout d’abord des travaux très importants sur la structure. A l’occasion du jubilé nous avons pu intervenir sur l’intérieur, ce qui a permis de compléter les travaux et d’ouvrir l’étage noble du palais qui est complètement meublé et qui présente des peintures d’artistes du XVIIe et des meubles importants dont deux consoles dessinées par le Bernin, ainsi que la sanguine de Bernin, exécutée sur le mur, dans la chapelle. En 2003 nous avons ouvert l’appartement du rez-de-chaussée qui est tout meublé avec des meubles du XVIIe. Ensuite, il y a eu en 2002, la donation de Maurizio Fagiolo dell’Arco qui a constitué le premier noyau du musée du Baroque et que nous avons installé dans un espace spécifique dédié à ce musée. Un musée du baroque romain, dans un des palais les plus importants du baroque romain. C’est un contenant parfaitement adapté au contenu.

Depuis l’année dernière, la collection a pris une véritable ampleur avec plusieurs donations…

Une autre impulsion très importante a été donnée par la donation Lemme l’année dernière qui est venu enrichir le musée avec128 peintures du XVIIe et XVIIIe. C’est une collection construite d’une manière très systématique et homogène, qui a donné vraiment un souffle important à ce musée. Il y a eu ensuite, au printemps 2008, les donations Laschena et Ferrari au printemps 2008. Renato Laschena était le président du conseil d’Etat un grand collectionneur, tandis qu’Oresto Ferrari était le fondateur de l’Istituto del Catalogo e Documentazione del Ministero dei Beni Culturali et de la revue Storia dell’Arte.

Ces donations ont élargi encore le propos du musée ?

Oui, car il n’y a pas que des artistes romains, il y a des napolitains tels que Rosa et Giordano, Domenico Antonio Vaccaro, mais aussi des peintres d’autres régions d’Italie qui sont passés à un moment de leur vie par Rome. Ce n’est donc plus seulement une collection purement romaine des XVIIe et XVIIIe, mais elle s’est également enrichie de peintures d’autres écoles de la même période. C’est un musée qui est si bien conçu, si systématique, qu’il n’existe pas en Italie d’autre collection de ce type. Si quelqu’un veut connaître le baroque, il doit venir à Ariccia.

En peinture, oui, mais il n’y a pas encore de collections de sculptures, mis à part celles des appartements du palais...

C’est vrai. Pouvoir enrichir le musée avec des sculptures, ou même des objets, ce serait une excellente chose.

Quelles ont été les conséquences de ces enrichissements dans l’organisation du musée ?

Après l’exposition de la donation Lemme au début de l’année, nous venons de réaménager complètement le parcours. Le nouveau musée a été inauguré le 9 novembre.

Avez-vous d’autres collections que celles concernant le baroque ?

Nous avons aussi un projet sur l’art romain des années 1960, le Pop Art car il y a aussi un noyau d’œuvres des années 60, pas seulement d’artistes romains, mais des artistes contemporains qui ont travaillé à Rome dans la seconde moitié du XXe.

Aurez-vous une politique d’acquisitions ?

Une association des amis du palais Chigi a été créée. Cette association aura pour but d’une part de promouvoir les activités et d’autre part, éventuellement, de procéder à de nouvelles acquisitions.

Pour terminer, quels sont vos projets d’expositions ?

Nous faisons beaucoup d’expositions et publions beaucoup de catalogues, tous liés à la thématique du baroque. Nous préparons notamment une rétrospective Guillaume Courtois et une exposition sur le costume au Seicento.

Propos recueillis par Didier Rykner

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Didier Rykner, vendredi 28 novembre 2008



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