Interview de Dominique Jacquot à propos de l’exposition Vouet en Italie Contenu abonnés


Conservateur du Musée des Beaux-Arts de Strasbourg et co-commissaire, avec Adeline Collange, de l’exposition sur les années italiennes de Simon Vouet (voir notre recension et notre article sur la journée Vouet), Dominique Jacquot a accepté de répondre à nos questions sur cette rétrospective après ses deux étapes à Nantes et à Besançon. Il nous explique ainsi quelles sont les leçons qu’il convient d’en tirer.

Pouvez-nous nous rappeler comment et pourquoi est née cette exposition ?

Avant de commencer l’entretien j’aimerais préciser que tout ce que je vais dire est « dans l’état actuel de mes connaissances », ce qui n’est pas une précaution oratoire mais la stricte réalité.
L’exposition, organisée en étroite et parfaite collaboration avec Adeline Collange pour les musées de Besançon et Nantes, avait plusieurs finalités. La première : présenter au public le plus large possible un panorama articulé et complet de la période italienne de Vouet. Montrer comment s’opère une mutation cruciale, du « caravagisme » au « baroque » à travers l’œuvre d’un même peintre et sur une période courte. La scénographie d’Alexandre Fruh a été parfaite : elle rendait visible une évolution mais aussi, par la multiplicité des points de vue offerts, rendait sensible que bien des cheminements étaient possibles, donc des questions ouvertes … La scénographie, comme le catalogue, ont permis de « décaper » un peu le côté traditionnel / académique inhérent aux expositions d’art ancien.
Mais je suppose que c’est l’autre objectif qui vous intéresse le plus, à savoir : cette exposition,de par la présentation même pouvait permettre de résoudre des questions d’autographie et de datation. Faut-il rappeler que c’est normalement la mission première d’une exposition d’art ancien ? Nous voulions que des œuvres inconnues ou problématiques soient exposées, mais sans excès. Il fallait aussi pouvoir se baser sur des repères certains. Nous ne pouvons qu’espérer que cet équilibre a pu être tenu.

Comment s’est passée l’organisation ?

Arnauld Brejon de Lavergnée, dans son compte rendu paru dans le Burlington Magazine, salue l’exploit d’avoir monté cette exposition dans un temps si court. Si j’y vois un compliment, un esprit malveillant pourrait y discerner aussi une limite. Le délai de réalisation de l’exposition a été court, effectivement, même si l’on travaille plus efficacement avec une saine pression. Il faut cependant rappeler que j’amasse de la documentation sur cet artiste depuis une dizaine d’années. Il n’a donc fallu que quelques heures pour élaborer le synopsis et la liste des œuvres. Avec - soyons un court instant immodeste - une bonne proportion de tableaux inédits ou jamais vus. Ce projet a pu aussi être monté rapidement grâce aux équipes si compétentes de Nantes et de Besançon, dirigées par Blandine Chavanne et Emmanuel Guigon et à de nombreux concours, notamment des prêteurs et des auteurs bien entendu. Comment ne pas citer encore MM. Cuzin, Laveissière et Schleier, qui nous…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Carlo Sarrabezolles. De l’esquisse au colossal

Article suivant dans Expositions : Marguerite Gérard. Artiste en 1789, dans l’atelier de Fragonard