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Ilya Répine (1844-1930). Peindre l’âme russe

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Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, du 5 octobre 2021 au 23 janvier 2022

1. Ilya Répine (1844-1930)
Autoportrait, 1887
Huile sur toile - 72 x 60 cm
Moscou, Galerie nationale Trétiakov
Photo : Galerie nationale Trétiakov
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Alors qu’Ilya Répine aurait pu compter parmi les victimes de la crise sanitaire ou de la brouille diplomatique entre la France et la Russie, cette grande exposition initialement prévue pour l’an dernier fut tout simplement décalée. On ne peut que s’en réjouir, aux côtés des foules de visiteurs qui s’y pressent depuis son ouverture au mois d’octobre : le succès est au rendez-vous et nous conseillons vivement de réserver son créneau de visite en amont [1], sous peine de manquer l’une des plus intéressantes expositions de l’année. Il s’agit de la première rétrospective française de ce géant de la peinture russe, qui fit pourtant plusieurs séjours dans notre pays, dont il fut décoré de la Légion d’honneur en 1901. Véritable gloire nationale, comparable à Delacroix ou Courbet s’il fallait trouver un équivalent français, Répine (ill. 1) mena une longue et prolifique carrière et ses tableaux n’ont jamais cessé d’orner les livres d’histoire ni les musées russes. L’ancien portraitiste du tsar n’eut pas à souffrir de damnatio memoriae et le village où il résidait se vit même rebaptisé Repino par les autorités soviétiques en 1948.


2. Ilya Répine (1844-1930)
Les Haleurs de la Volga, 1870-1873
Huile sur toile - 123 x 283 cm
Saint-Pétersbourg, Musée d’État russe
Photo : Musée d’État russe
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Le Petit Palais n’a pas fait dans la demi-mesure : la plupart des tableaux les plus célèbres d’Ilya Répine ont fait le voyage, malgré leur statut d’icônes nationales et surtout leurs dimensions. L’artiste ne faisait pas toujours dans le petit format : dès l’entrée de l’exposition, un extrait d’Ivan le Terrible d’Eisenstein - la célèbre scène de la procession, avec la foule dans la neige, au son de la musique de Prokofiev - avertit le visiteur que l’exposition sera placée sous le signe du colossal. Une grande toile (ill. 2) trône au centre de la première salle : Les Haleurs de la Volga, premier grand succès de Répine, ont fait le déplacement depuis le Musée d’État russe de Saint-Pétersbourg. Le tableau avait été commandé par le grand duc Vladimir Alexandrovitch, fils du tsar Alexandre II, mais fit scandale lors de sa présentation à l’Académie impériale des beaux-arts en 1873. Œuvre emblématique des ambitions de l’artiste et des aspirations naturalistes de la peinture russe contemporaine, représentées par le mouvement des Ambulants, qui organisait des expositions itinérantes dans toutes les villes de Russie, Les Haleurs de la Volga circulèrent dans toute l’Europe, récoltant même une médaille d’or à l’Exposition universelle de Vienne.

3. Ilya Répine (1844-1930)
Portrait de Pavel Mikhaïlovitch Trétiakov, 1883
Huile sur toile - 101 x 77 cm
Moscou, Galerie nationale Trétiakov
Photo : Galerie nationale Trétiakov
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