Il Cerano, 1573-1632. Protagonista del’600 Lombardo Contenu abonnés


Milan, Palazzo Reale, du 23 février 2005 au 5 juin 2005.

Il est toujours luxueux de pouvoir contempler des œuvres exposées dans le lieu même d’origine et de travail de leur auteur, plus encore si l’on peut, au-delà des cimaises, rencontrer, au gré de promenades dans la ville, le reste de sa production. C’est le cas de Giovanni Battista Crespi, dit le Cerano – parce qu’on l’a cru jusqu’à peu originaire de Cerano, village de Lombardie1 – : avant ou après la visite de la monographie que lui consacre actuellement le Palazzo Reale de Milan, on pourra contempler dans presque une dizaine d’églises2 les retables du peintre, exécutés entre 1600 et 1625 environ. C’est pourtant la première fois que Cerano est exposé à Milan, et la deuxième qu’une véritable monographie lui est consacrée, après celle de Novare en 1964.

Dans cette exposition conçue par Marco Rosci, spécialiste de Cerano et auteur de l’unique monographie sur le peintre3 ainsi que du catalogue de l’exposition actuelle, on appréciera une sélection d’œuvres ample et précise, bien mise en valeur par des salles nombreuses et spacieuses, et une présentation qui respecte les contraintes qu’implique la vocation première des œuvres, pour la plupart des retables (recul du spectateur, isolement de l’œuvre pour un regard sans perturbations environnantes). De même, la partition chronologique des sections, entrecoupée d’arrêts sur un cycle en particulier ou sur le genre du dessin et de l’ébauche, rend intelligible l’ensemble de la production de Cerano, sa diversité et son évolution. Une agréable cohabitation des petits et grands formats repose l’œil et permet la juste mesure des proportions des œuvres comme la nature différente des commandes (retables, fresques, tableaux de dévotions, dessins de préparation). La couleur des cimaises peut effrayer à prime abord puisqu’elle est d’un rouge sang (« pompéien ») qui, par ailleurs, interrompue par une frise continue de deux lignes au niveau médian des cartels, pourrait bizarrement évoquer une référence épurée à la fresque pompéienne. Mais, seules les œuvres étant éclairées de manière circonscrite, le reste des murs disparaît dans la pénombre, éteignant ainsi l’incarnat. Il reste que la teinte a quelque chose de dur pour des œuvres qui sont de tonalité en général claire, et de matière souvent mate (Cerano emploie régulièrement la technique de la détrempe ou une huile peu luisante).


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1. Giovanni Battista Crespi, dit le Cerano (1573-1632)
La flagellation du Christ
Huile sur bois - 52,5 x 39,5 cm
Isola Bella, Palazzo Borromeo
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2. Giovanni Battista Crespi, dit le Cerano (1573-1632)
Saint François pénitent en extase,
montrant les stigmates

Huile sur bois - 93,5 x 74 cm
Milan, Pinacoteca di Brera
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Les thèses les plus diverses sur l’appartenance du Cerano à tel ou tel courant de l’histoire de l’art ont eu leurs défenseurs : Cerano post-maniériste, Cerano parent de Caravage pour ses clairs-obscurs, Cerano proto ou pré-baroque, Cerano de la Contre-réforme ou de la…

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