
Joseph Mallord William Turner (1775-1851)
Clair de lune, étude à Millbank
Huile sur panneau - 31,5 x 40,5 cm
Londres, Tate Britain
PHoto : Tate Photography
C’est l’anti-Picasso et les maîtres (voir l’article). Et pourtant, l’exposition qui ouvre au Grand Palais sous le titre Turner et ses peintres, est comparable par son propos, puisqu’il s’agit de montrer comment Turner s’est inspiré à la fois des maîtres anciens, au premier rang desquels figure Claude Lorrain, mais aussi de ses contemporains. Nous ne parlerons pas du fonds que Stéphane Guégan avait déjà traité dans la version londonienne [1] (voir l’article). Nous nous contenterons d’en recommander chaudement la visite en essayant de comprendre ce qui caractérise une exposition réussie.
La muséographie d’abord, due à Didier Blin, qui tire le meilleur parti des espaces difficiles du Grand Palais, et propose des coloris chauds qui se marient parfaitement avec les œuvres. La mise en scène est sobre et discrète, l’accrochage extrêmement bien pensé, le rapprochement des œuvres ayant toujours un sens. Il n’y a pas un tableau dont on se demande pourquoi il est là. Le propos est d’une clarté limpide grâce aux cartels et aux panneaux explicatifs qui donnent les bonnes informations sans perdre le public. Enfin, le catalogue n’est pas en reste, qui témoigne d’un véritable travail scientifique [2] et dont la forme - essais analysant de manière complète et pertinente le sujet et notices fournies et replaçant toujours l’œuvre étudiée dans le contexte de l’exposition - pourrait également servir de modèle, d’autant qu’il bénéficie de très bonnes illustrations.
On ne peut que souhaiter à cette rétrospective le succès qu’elle mérite et espérer que la qualité paiera.

