22/1/10 – Patrimoine – Paris, Hôtel Lambert - Le 18 octobre 2009, nous écrivions un éditorial intitulé Hôtel Lambert : et si le bon sens prévalait. Nous y affirmions que les positions des deux parties n’étaient pas si éloignées l’une de l’autre, et qu’une négociation devrait permettre d’arriver à un compromis acceptable par tous.
Le miracle est arrivé, et cet accord que tout le monde souhaitait sans vraiment oser y croire a été trouvé. Alors que le jugement du tribunal administratif avait annulé l’autorisation de travaux donnée par le ministère de la Culture (voir brève du 15/9/09) et qu’un pourvoi en cassation présenté par le ministère et le propriétaire était en cours d’examen au Conseil d’Etat, le contentieux semble désormais réglé et les procédures en cours sont abandonnées. Les travaux devraient donc pouvoir commencer dès que possible.
Le compromis est le suivant :
cuvelage de la cour d’honneur : le parking souterrain est abandonné ; seule une excavation de la cour sera faite pour permettre l’installation d’un transformateur EDF,
la régulation thermique de l’hôtel sera mise en place comme prévu, mais le propriétaire s’est engagé à ce que tout passe par les conduites et les planchers afin de ne pas toucher aux décors historiques (à vrai dire, ce point semblait acquis depuis le départ),
le mur de clôture ne sera pas exhaussé,
un escalier du XIXe siècle (qui n’est pas celui construit par Lassus), dont l’association reconnaît que l’intérêt est secondaire, pourra être remplacé par deux ascenseurs desservant les étages,
le cabinet de Jean-Baptiste Lambert ne sera pas transformé en salle de bains, compte tenu de son importance historique ; en revanche, l’ascenseur prévu dans cette pièce (qui ne touchera pas au plafond), sera installé,
la galerie Troubadour sera bien aménagée pour permettre l’installation de deux chambres, mais les travaux seront réversibles pour permettre un jour, le cas échéant, la remise en état des lieux.
Le communiqué de l’association et celui du ministère restent muets sur certains problèmes secondaires (notamment la restitution ou non de certaines lucarnes, le remplacement de pierres, etc.), mais l’essentiel semble conforme à ce que l’on pouvait espérer.
Incontestablement, ce résultat doit être porté au crédit du nouveau ministre de la Culture qui a pris ce dossier en cours et a su privilégier le dialogue [1], mais aussi du propriétaire qui a montré qu’il était effectivement, comme il le proclamait, attaché au patrimoine historique qu’il a acquis. Rendons hommage enfin au Comité historique du Vieux-Paris et à l’association Sauvegarde et mise en valeur du Paris Historique qui en s’opposant à ce projet dès le début, ont permis d’éviter le pire.
