Les 25, 26 et 27 septembre 1997 avaient lieu à l’Ecole du Louvre et au Musée National de la Renaissance un colloque sur les arts sous Henri II. Les actes en ont été publiés en 2003.
Si Hervé Oursel souligne dans l’introduction la désaffection des historiens pour Henri II et le peu de considération portée à son règne et aux réalisations artistiques qu’il engendra, le nombre et la qualité des communications effectuées à l’occasion de ce colloque montrent que ce désintérêt n’est plus réellement d’actualité.
L’ouvrage s’ouvre par deux études sur la représentation de la figure d’Henri II. Les portraits peints et dessinés sont essentiellement dus aux Clouet suivant une mise en page peu variée. Au contraire, les gravures, d’auteurs divers, montrent différentes effigies du roi fort différentes d’une estampe à l’autre.
De nouvelles hypothèses sont apportées à propos de monuments sculptés que l’on pourrait croire bien connus. Ainsi Mary L. Levkoff attribue à Germain Pilon les bas-reliefs de la voûte du tombeau de François Ier et apporte des précisions sur les vertus entourant celui de François Ier tandis que Ian B. Wardropper étudie le piédestal du cœur de Henri II dans ses rapports avec le monument. Geneviève Bresc-Bautier, de son côté, explore les sources et s’interroge sur l’organisation des chantiers et la place respective des sculpteurs des bâtiments du roi. Elle souligne à cette occasion la rareté de certaines archives par rapport au siècle précédent, situation que l’on retrouve pour l’orfèvrerie. Quant aux enluminures, si trente cinq noms d’artistes sont connus, aucun ne peut se rattacher à un manuscrit existant. Les œuvres anonymes, quelle que soit la technique, sont ainsi légion, et les maîtres connus sous un nom de convention encore fréquents. Pour les enluminures, le Maître des Epîtres Getty est étudié dans deux articles. Un dessinateur proche d’Etienne Delaune, le Maître des Médaillons historiques fait l’objet de nouvelles attribution.
Tous les aspects artistiques sont traités : des armures aux vases en pierre dure (dont Henri II et Catherine de Médicis possédaient une collection importante) aux objets d’art, de la gravure à la peinture ou à l’architecture, en passant par les plus inattendus et les plus méconnus tels que la broderie (article sur le brodeur Robert Metsays) ou les mappemondes (étude de celle due à due au cartographe Pierre Desceliers, conservée à la British Library). La musique et la littérature font l’objet d’essais, complétant ce large panorama des arts sous le règne de l’époux de Catherine de Médicis. Le style Henri II au XIXe siècle, qui ne se réduit pas au fameux buffet, est également abordé par Jean-Michel Leniaud, qui rappelle l’importance des exemples architecturaux de l’époque, au premier rang desquels figure le Louvre et par Marie-Claude Chaudonneret qui traite, de façon un peu succincte, de la représentation de ce roi dans la peinture de la première moitié du XIXe.
Au moment où l’on peut lire, dans un interview très agaçant accordé au Journal des Arts1 par Paul Salmona, le directeur de l’Auditorium du Musée du Louvre, que « cette politique d’édition [d’actes de colloques et de conférences] est très onéreuse et [que le Louvre réfléchit] à de nouvelles formes de publication », ce recueil rappelle combien ce type d’ouvrage est essentiel.
Sous la direction de Hervé Oursel et Julia Fritsch, Henri II et les Arts. Actes du colloque International Ecole du Louvre et Musée de la Renaissance - Ecouen - 24, 26 et 27 septembre 1997, Ecole du Louvre, Paris, 2003. 54 €.
