Gustave Moreau, Hélène de Troie : la beauté en majesté


Musée Gustave Moreau, du 21 mars au 25 juin 2012

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1. Photographie d’après Hélène
du Salon de 1880
(huile sur toile, 147 x 90 cm,
œuvre non localisée)
in Catalogue de la vente Jules Beer,
Galerie Georges Petit,
29 mai 1913 (n° 17)
Paris, Collection Pierre-Louis Mathieu
Photo : Pierre-Louis Mathieu.

Depuis quelques années, le Musée Gustave Moreau organise régulièrement des expositions qui attirent l’attention sur un aspect de l’art du maître, un thème, une facette inexplorée, une partie du corpus, immense, conservé dans l’hôtel de la rue de La Rochefoucauld. On sait que le musée, voulu par Moreau dans son « atelier-maison », ne dispose évidemment pas de lieu d’exposition temporaire. Cet obstacle qui n’en était un qu’à l’aune d’un certain manque d’imagination, est désormais heureusement surmonté : non seulement l’aménagement de cimaises adaptées à chaque nouvel événement permet de mettre en scène ces expositions très séduisantes, mais les contraintes du lieu finissent par être un atout : la présentation temporaire dédiée à tel ou tel sujet n’est pas séparée du cadre habituel du musée et des tableaux accrochés dans ses fameuses et superbes salles. Ainsi, la mise en valeur et l’étude d’une partie de l’œuvre de Moreau se font-elles dans la perspective de son art tout entier, qu’on ne perd jamais de vue. Le fait que quelques œuvres soient très temporairement masquées n’est guère gênant par rapport à celles qui sont ainsi révélées et à toutes celles qui restent visibles.

Après la relation de Moreau avec Huysmans en 2007, son expérience de « sculpteur » (« L’Homme aux figures de cire ») en 2010, et un parcours consacré à Théophile Gautier en 2011, c’est la fascination du peintre pour Hélène de Troie qui est aujourd’hui abordée. On sait que Moreau était un artiste de l’obsession et qu’il pouvait travailler et réfléchir sur un sujet pendant de nombreuses années, voire plusieurs décennies ; c’est le cas pour Salomé ou Œdipe. Loin d’une illustration littéraire ou d’une répétition purement formelle, le peintre, sans doute parmi les plus originaux et exigeants de son temps, « travaillait » ainsi un thème dans une logique évolutive et complexe : tant du point de vue plastique que de celui du sens, les tableaux, esquisses, documents ou témoignages liés à l’exploration d’un thème, attestent ainsi de la progression de sa pensée comme de sa pratique.
On connaît bien le cas de Salomé, et nous avions nous-mêmes suggéré une lecture autoréflexive du traitement au long cours d’Œdipe (voir l’article) : avec Hélène de Troie, Pierre Pinchon, commissaire de l’exposition associé à Marie-Cécile Forest, directeur du musée, livre une vision très convaincante et d’une précision remarquable. Se basant exclusivement sur les œuvres elles-mêmes et les sources, plastiques comme textuelles, l’exposition démontre la conception particulière qu’avait le peintre de cette héroïne. Si Moreau n’ignorait rien des textes antiques (rappelons que le musée conserve sa bibliothèque), il n’en livre pas plus une version peinte platement…

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