Gothic Nightmares. Fuseli, Blake and the Romantic Imagination Contenu abonnés


Tate Britain, jusqu’au 1er mai 2006

Il aura donc fallu deux expositions pour rendre hommage convenablement au génie multiforme de Fuseli, le « Suisse sauvage », selon l’expression qui a servi de sésame à la rétrospective de Zurich (14 octobre 2005 – 8 janvier 2006). Nous n’avons pas vu cette fascinante réunion de plus de 200 dessins, gravures et peintures ; mais la belle publication qui l’accompagnait témoigne suffisamment de la qualité et de la pertinence des choix qui furent opérés à cette occasion. Des juvenilia si sages aux erotica déjà trash, rien n’a été occulté de l’œuvre satanique de celui qui s’était construit en s’opposant à Rousseau et Winckelmann. Le divorce entre l’art et la morale n’était pas un mauvais viatique. Extrême, extravagante, mêlant même l’humour au sublime des passions fortes, l’image chez Fuseli déborde toute censure. Elle appelle une liberté de vue identique pour être comprise. Le catalogue de Zurich est à cet égard pleinement satisfaisant. Les licences du peintre, forme et invention, y sont aussi bien analysées que ramenées à leur contexte changeant. Les analyses inspirées de Franziska Lentzsch, par exemple, nous permettent de mieux comprendre comment, tout sauvage qu’il fût, Fuseli sut pénétrer le marché londonien dès avant son retour de Rome (1778). En misant sur le sensationnel, sur les thèmes de la littérature vernaculaire, volontiers fantasque, et sur l’esthétique théâtrale du moment, il facilita cette percée, qu’il voulut foudroyante ; dans les années 1780-1800 la logique de l’estampe et du livre illustré, en plein essor, favorisa de même cet art du choc, corps surdimensionnés, compositions asymétriques, lumières de fantasmagorie, et « délicieuse horreur » façon Burke.

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1. Henry Fuseli (1741-1825)
Le Cauchemar, exposé à la Royal Academy en 1782
Huile sur toile - 101,6 x 126,7 cm
Detroit, Institute of Art
Photo : Service de presse
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Le second volet de cet hommage, Gothic Nightmares, est visible, pour quelques semaines encore, à la Tate…

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