Gentleman Princeteau : Chevaux et militaires


Auteurs : Marguerite Stahl, Christophe-Luc Robin et Alain Chaume

Dans un précédent compte-rendu relatif à Princeteau, nous annoncions la publication (imminente) du 7e catalogue de Gentleman Princeteau, Chevaux et militaires, le dernier de la grande rétrospective organisée par le musée de Libourne sur trois ans, de 2007 à 2009. C’est chose faite (depuis le 15 juin). Au passage, saluons le remarquable travail accompli par la conservatrice de ce musée, Marguerite Stahl dont c’est ici le dernier acte dans sa fonction puisqu’elle part en retraite. Qui ne la regrettera ! Qu’elle soit en tout cas félicitée pour cet éclatant festival Princeteau bien sûr – un départ en beauté ! – et pour le spectaculaire renouveau qu’elle a su conférer à son musée, riche et méconnu en fait, comme l’attestent par exemple les nombreuses restaurations de tableaux souvent de grandes dimensions, effectuées sous son égide (nous songeons entre autres à celle, en cours et fort courageuse, d’un immense Lordon). Espérons que cet effort sera poursuivi malgré toutes les difficultés du moment et que ce musée si prometteur disposera bientôt d’un conservateur avisé et efficace comme l’a été Mme Stahl : elle a vraiment fait honneur à la profession, affirmant avec plein succès la vocation d’une institution pas toujours très bien comprise de nos jours, le Musée …

René Princeteau (1843-1914)
Patrouille de Uhlans surprise par une
embuscade de francs-tireurs
, 1872
Huile sur toile - 195 x 430 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Véronique Schiltz

Sans revenir sur Princeteau dont nous avons déjà souligné l’étourdissante virtuosité, profitons juste de la présente occasion pour donner, grâce à cet ultime catalogue, une reproduction du plus étonnant tableau sans doute de cet artiste, sa gigantesque Patrouille de Uhlans surprise par une embuscade de francs-tireurs, du Salon de 1872, qui, curieusement, échappa à la censure prudemment politique de la Direction des Beaux-Arts (celle-ci fit retirer du Salon d’alors huit toiles jugées trop patriotiquement allusives aux désastreux combats de la guerre de 1870-1871). Le tableau, inouï par sa poétique surréalité dans l’art d’enchanter les violences de la guerre par tout un jeu tranché de clairs et de sombres, fut de suite et fort intelligemment acquis par la Direction des Beaux-Arts qui, l’envoya dès 1875 en dépôt au musée de Libourne, ville natale de l’artiste. Pour une fois, le système avait bien fonctionné, et il faut s’en réjouir car très (et trop) rares sont les grands (trop grands ?) tableaux de ce genre parvenus jusqu’à nous… [1]

Marguerite Stahl, Christophe-Luc Robin, Alain Chaume, Gentleman Princeteau / Chevaux et militaires, Le Festin, juin 2009, 126 pages, 20 euros, ISBN 9-782915-262711


Jacques Foucart, mercredi 5 août 2009


Notes

[1] Marguerite Stahl relève, p. 54-55, que, sur 10 tableaux à sujets militaires ou patriotiques inspirés par la guerre de 1870-1871 et acquis par l’Etat au Salon de 1872, ceux d’Armand-Dumaresq, Betsellère, Ehrmann, Lix, Marsal, Perrault, Quesnay de Beaurepaire sont de « localisation inconnue », le Cornet en revanche étant repéré au musée de Dijon, le De Neuville à celui de Versailles (Château), et notre Princeteau à Libourne. Edifiant constat qui incite effectivement à la vigilance !



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