Gaston La Touche (1854-1913), les fantaisies d’un peintre de la Belle Époque Contenu abonnés


Saint-Cloud, Musée des Avelines, du 16 octobre 2014 au 1er mars 2015.

JPEG - 198.7 ko
1. Gaston La Touche (1854-1913)
La Rentrée au port, 1897
Huile sur toile - 201 x 201 cm
Saint-Cloud, Hôtel de Ville
Photo : Ville de Saint-Cloud/A. Bonnet

La grande histoire de l’art, la nôtre quoi ! n’est pas faite que de grands noms. Elle a tout intérêt, n’en doutons pas un instant, à se pencher également sur les artistes passés de mode, jadis au pinacle, à présent d’autant plus et – injustement – rabaissés. Quel suggestif procès en révision, agrémenté du parfum de la (re)découverte, ne peut-il s’ouvrir avec le très poétique Gaston La Touche (1854-1913), trop vite, trop facilement étiqueté peintre de la Belle Époque ? Après Duval Le Camus en 2010 (voir l’article), après Dantan en 2013 (voir l’article), c’est donc une fois de plus un artiste mésestimé, lié comme eux à Saint-Cloud, qu’entreprend de réhabiliter l’actif et valeureux Musée des Avelines, ce musée fût-il situé en dehors du sacro-saint périmètre parisien qui capte généralement toutes les attentions (au-delà du « périph », point de salut ?). Faut-il du reste que Saint-Cloud, tout à la renommée de son parc, s’enferme à l’excès dans la nostalgie d’un royal puis impérial château incendié (par des obus français, ne le disons pas trop…) en 1870 ? – Chance ou malchance pour Gaston La Touche en tout cas que d’être un peintre de l’endroit, fidèle à sa ville natale où il tenait salon et atelier, se déployant ostentatoirement à l’Hôtel de Ville (mais il faut le savoir et oser entrer…) ainsi qu’à l’église Saint-Clodoald, non loin de la mairie (mais aime-t-on bien visiter les églises du XIXe siècle, et La Touche, on y reviendra plus loin, est-il même soupçonné d’être aussi un admirable peintre religieux ?). Quoi qu’il en soit, La Touche n’est pas, tant s’en faut, absent des collections du musée de sa ville, comme le démontre avec beaucoup d’efficacité l’actuelle exposition (elle dure jusqu’en mars, facile donc d’en profiter). La démarche à vrai dire est d’autant plus justifiée que le bel édifice palatial des Avelines, fier de son élégant style néo-classicisant des années 301, ne peut faute de place exposer en permanence tous ses La Touche (il va, il est vrai, bientôt s’agrandir au deuxième étage). Hors Saint-Cloud, c’est plutôt le grand silence. De fait, il y a quelque paradoxe à constater que ce peintre si connu dans les années finissantes du XIXe siècle et à l’orée du XXe, régulièrement exposé dans les Salons de l’époque, notamment à l’incontournable Société nationale des Beaux-Arts depuis 1890, largement acheté par des organismes publics ou étatiques (ministères de la Justice et de l’Agriculture, Palais de l’Elysée, gare de Lyon), admiré de Budapest à Buenos Aires, de Vienne à Sidney, New York ou Munich, en ce monde riche et privilégié d’avant 1914, n’est même pas ou à peine montré aujourd’hui dans les deux grands musées parisiens – Orsay et Petit Palais – où il figure pourtant en force (le montre à suffisance l’actuelle exposition). Tout de même qu’on peut le découvrir dans nombre de…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Théâtres et cafés, peintures et décors à Lyon (1840-1930)

Article suivant dans Expositions : Degas, classicisme et expérimentation