23/6/09 – Nomination – Ministre de la Culture – C’est une nouvelle inattendue et, pour une fois, plutôt encourageante. Le Président de la République a nommé ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, qui était depuis un an directeur de la Villa Médicis.
S’il est surtout connu pour sa carrière à la télévision, celui-ci est incontestablement un homme de culture. Son action à Rome a été très positive. Il a sauvé les plâtres du XIXe siècle que son prédécesseur Richard Peduzzi avait mis de côté ; il a décroché les tapisseries de Richard Peduzzi installées par... Richard Peduzzi, pour remettre en place dans le grand salon les tentures déposées par le Mobilier National ; il a relancé le projet de musée de la Villa qui avait disparu sous Balthus ; il a fait organiser une grande exposition, Villa aperta, qui ouvre ces jours-ci.... Bref, son bilan en à peine un an est impressionnant.
S’il bénéficie donc d’un a priori très favorable, le nouveau ministre de la Culture aura fort à faire à un poste particulièrement difficile, d’autant qu’il n’est assurément pas un politique (comme le prouve la manière dont il a confirmé sa nomination avant toute annonce officielle). Il faut espérer qu’il saura prendre les bonnes décisions, et surtout qu’il pourra les imposer. Sur le patrimoine et les musées notamment, les dossiers brûlants ne manquent pas, au premier rang desquels la mise en œuvre de la réorganisation liée à la RGPP dont nous avons souvent parlé (voir dernièrement notre éditorial). Autre sujet grave, la volonté du parlement de supprimer l’avis conforme des Architectes des Bâtiments de France dans les Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysage (voir brève du 16/6/09). A ce propos, les ABF organisaient jeudi dernier une conférence de presse où ils dénonçaient une nouvelle fois les graves conséquences d’une telle mesure, soulignant par ailleurs qu’à leur sens celle-ci, une première fois censurée par le Conseil Constitutionnel, était une nouvelle fois irrégulière puisqu’elle a été présentée comme un amendement en seconde lecture de la loi dite du Grenelle de l’environnement. L’ancien ministre de la Culture Christine Albanel n’avait absolument rien fait pour s’y opposer. Une chose est sûre, elle ne sera pas regrettée.
