Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783) Contenu abonnés


Paris, Musée du Louvre du 28 janvier au 25 avril 2011

JPEG - 28.4 ko
1. Franz Xaver Messerschmidt (1736 – 1783)
« L’Homme de mauvaise humeur », 1771-1783
Alliage de plomb et d’étain - 38,7 x 23 x 23 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Musée du Louvre / Pierre Philibert

La très belle exposition que le Louvre consacre1 à Franz Xaver Messerschmidt, la seconde en France2, permet d’essayer de comprendre l’art d’une personnalité hors norme dont les œuvres les plus connues – les célèbres « têtes de caractère » -, reconnaissables entre toutes, sont devenues des figures obligées des grand musées mondiaux (ainsi Le Louvre a-t-il acquis en 2005 lors d’une vente publique L’Homme de mauvaise humeur (ill. 1)). Cette présentation est ainsi l’occasion de s’interroger sur le parcours d’un artiste qui connut les honneurs des commandes officielles viennoises puis finit assez misérablement dans une petite maison isolée de la banlieue de Presbourg [Bratislava], sur les raisons de la longue éclipse de son œuvre avant sa réévaluation au tournant du XXe siècle et enfin sur la signification de cette monomanie pour ces têtes que l’on a longtemps prises pour des modèles de « l’esthétique du laid ».

L’absence presque totale de Messerschmidt de la bibliographie hexagonale impose de rappeler les grandes étapes de la vie et de l’œuvre de celui que Renée Price, la directrice de la Neue Galerie de New York, appelle un « excentrique sculpteur »3.


JPEG - 39.6 ko
2. Franz Xaver Messerschmidt (1736 – 1783)
L’Impératrice Marie-Thérèse, 1760
Bronze doré - 90 x 75 x 53 cm
Vienne, Belvédère
Photo : Belvédère

La carrière de Franz Xaver Messerschmidt semblait des plus prometteuses : après une initiation dans l’atelier dirigé par un oncle maternel à Munich – honoré de la Cour de Bavière – de sculpture dans l’art religieux sur bois, il se rend à Graz parfaire sa formation auprès d’un autre oncle maternel avant de gagner Vienne où il s’inscrit à l’Académie des beaux-arts dans la section de sculpture (1755). Remarqué par Martin Van Meytens (1695-1770), directeur de l’institution et surtout peintre à la Cour, il obtient grâce à sa protection un poste à l’Arsenal où il a charge de la gravure sur canon… C’est à l’Arsenal que, précisément, débute sa carrière officielle : en 1760, à l’occasion du réaménagement des salons d’apparat de l’Arsenal, il reçoit commande de deux bustes en bronze doré à l’effigie de l’impératrice Marie-Thérèse et de son époux, François Ier. Bien que demeurant dans la tradition du rococo tardif viennois (en particulier dans les drapés), Messerschmidt innove par une composition strictement frontale qui impose la puissance et la majesté des souverains délestés de tous les attributs traditionnels du pouvoir. Attributs qui réapparaîtront dans la statue grandeur nature de L’Impératrice Marie-Thérèse en Reine de Hongrie (ill. 2), commande directe que passe la souveraine – fait exceptionnel s’agissant d’un sculpteur – qu’il exécute dans un alliage d’étain et de cuivre plus facile à ciseler que le bronze (une deuxième commande, lors de la mort de…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Georges de Lastic. Le Cabinet d’un amateur, collectionneur et conservateur

Article suivant dans Expositions : Paul Signac (1863-1935). Les ports de France