François-Marius Granet (1775-1849). Dessins du Louvre. Contenu abonnés


Paris, Musée du Louvre. Du 2 juin au 11 septembre 2006.

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1. François-Marius Granet (1775-1849)
Vue du Colisée du côté de Saint-Jean-de-Latran
Lavis brun - 27 x 20,5 cm
Paris, Musée du Louvre
© RMN/Le Mage
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Un double exotisme court à travers l’œuvre de Granet et lui apporte ses couleurs, tantôt douces et caressantes, tantôt crépusculaires et noires. Exotisme du temps : l’image fait dialoguer les âges, entrelace le présent, l’Antiquité et l’ère chrétienne et paraît surprendre les survivances d’un passé révolu dans cette Italie que la France moderne, fruit des Lumières et issue de la Révolution, regarde volontiers comme une terre archaïque. D’où un second exotisme : aux antipodes de Paris, qu’on l’exalte ou le dénonce, Rome semble échapper au processus historique qui s’est emparé de la nouvelle Europe. À la beauté intacte des paysages répond une population aux mœurs très anciennes, piété confiante, simplicité de cœur, franchise d’attitude, amour de la vie et courage devant la mort. Incarnant une sorte d’innocence perdue et une religion éternelle, qui tient moins du dogme que de la métaphysique intime, le petit peuple de Rome symbolise, autant que les moines et les sœurs de charité, une humanité préservée, un espace protecteur, un temps circulaire. Sans être le contre-révolutionnaire qu’on aime à saluer en lui, Granet, dès la fin du Directoire, fixe un idéal de société, de type communautaire, où liberté et religion, égalité civique et respect des anciens cultes ne s’opposent pas. Son modèle, comme Denis Coutagne l’a parfaitement analysé, est celui des premiers chrétiens, des martyrs de Chateaubriand, plus que celui des papes de la Renaissance et de l’âge baroque.

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2. François-Marius Granet (1775-1849)
Palier de l’escalier de la Trinité du côté de la niche San Bastianello
Lavis brun - 17,5 x 15 cm
Paris, Musée du Louvre
© RMN/Le Mage
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Il s’agit bien d’un pays enchanteur, d’un monde idéal. La peinture de Granet se débarrasse des contradictions du réel pour fixer un rêve…

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