Ferdinand Hodler 1853-1918 Contenu abonnés


Paris, Musée d’Orsay, 13 novembre 2007 – 3 février 2008

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1. Ferdinand Hodler (1853-1918)
Emotion II, 1901-1902
Huile sur toile - 193 x 203,5 cm
Collection particulière
Photo : Institut suisse pour l’étude de l’art, Zurich
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La dernière exposition consacrée à Ferdinand Hodler organisée à Paris remonte à 1983 et c’est le Petit Palais qui avait alors célébré ces retrouvailles du public Français avec un artiste majeur mais relativement oublié dans notre pays. La présentation de l’époque avait fait sensation et montrait un choix assez poussé dans l’œuvre abondant du peintre mais il y manquait aussi quelques pièces maîtresses dont La Nuit, qui n’y figurait que par une reproduction photographique. Aujourd’hui, le Musée d’Orsay livre une rétrospective dont on doit saluer le parti pris. Plus qu’un parcours motivé par telle ou telle idée, hypothèse ou lecture, l’établissement parisien a choisi de montrer la production de Hodler par une sélection drastique, mais où ne manque pratiquement aucun chef-d’œuvre. Si le catalogue recèle maintes études pointues et scientifiques, l’exposition s’inscrit quant à elle dans une logique de pure délectation : on est venu voir de la peinture et l’on en a pour son argent. C’est tout simplement magnifique.

Le visiteur est accueilli par L’Emotion II (ill. 1), grand tableau qui résume à lui seul l’art du peintre. Dans ce défilé de femmes au geste hiératique et au profil mystérieusement détourné, on décèle en effet à la fois la monumentalité, l’organisation rythmique propre au symbolisme de Hodler mais aussi le sens profond de son œuvre (communion avec la nature, réflexion métaphysique) autant que ce qui fait sa singularité plastique. On retrouvera tout au long de l’exposition ce dessin incisif et fort, cette picturalité puissante, ce chromatisme volontaire, cette planéité, enfin, digne des anciens fresquistes. Le titre lui-même délivre un message essentiel : l’univers de l’artiste est mental et spirituel, sa force plastique prend source dans le symbole et ne pourrait s’accomplir sans lui.


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2. Ferdinand Hodler (1853-1918)
Jeune fille au pavot, vers 1889
Huile sur toile - 65 x 40 cm
Berne, Kunstmuseum,
Dépôt de la Fondation Gottfried Keller
Photo : Kunsmuseum Bern
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3. Ferdinand Hodler (1853-1918)
Regard vers l’éternité, 1885
Huile sur toile - 246 x 168 cm
Berne, Kunstmuseum
Photo : Kunstmuseum, Bern
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Ses débuts sont illustrés par une salle qui propose portraits et scènes réalistes mais déjà le visionnaire s’affirme. Les portraits, dont la très iconique Jeune fille (ill.2), excèdent l’exercice par une présence singulière et le charpentier qui a assemblé un cercueil porte son Regard dans l’éternité (ill. 3). Hodler n’a pas encore trouvé sa manière, mais le questionnement profond est déjà là. Par une sélection sévère, les organisateurs sont allés à l’essentiel et la salle suivante livre un ensemble de chefs-d’œuvre saisissants. La Nuit (ill. 4), Les Las de vivre II, l’admirable Eurythmie et l’Homme…

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