Feinte baroque et Valeur de l’art : deux ouvrages recensés Contenu abonnés


Marc Bayard, Feinte baroque. Iconographie et Esthétique de la variété au XVIIe siècle

Cet ouvrage assez dense correspond à la publication de la thèse de doctorat1 soutenue en 2003 et, entre temps, « largement remaniée » de Marc Bayard, actuellement chargé de mission pour l’Histoire de l’Art à la Villa Médicis. Derrière ce titre de portée assez générale, il étudie de fait un moment très particulier de l’évolution du décor de théâtre en France au XVIIe siècle, dont les implications apparaissent plus complexes et plus profondes qu’un simple changement de style : l’unité visuelle des décors de scènes, qui succède, dans les années 1630, à la discontinuité héritée des « mystères » médiévaux, faisant écho à la mise en place des règles poétiques, inspirées de l’Antiquité. La « feinte », mot qui pourrait se charger de plusieurs sens dans ces périodes souvent troublées, est le nom que l’on donne au XVIIe siècle, aux décors de théâtre.

L’auteur, qui se place en quelque sorte ici au confluent de la littérature, du théâtre et de la politique2, propose donc de mettre en parallèle la transformation que connaît le décor de scène francais, sous l’influence du théâtre italien, avec la querelle du Cid qui, vers 1637, divise « classiques » et « irréguliers » autour de la règle des trois unités, et celle, tout aussi vigoureuse et profonde, qui oppose alors les « libertins érudits » aux Jésuites. Il s’appuie pour cela sur deux documents dont l’étude et l’analyse correspondent, pour l’essentiel, aux deux parties de ce livre. Le premier est un Mémoire assez singulier, celui de Laurent Mahelot, régisseur du théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, conservé à la Bibliothèque Nationale. Marc Bayard propose d’attribuer 47 dessins de ce recueil à un artiste, Georges Buffequin (v. 1585-1641), peintre, décorateur et artificier, qui travailla notamment pour le cardinal de Richelieu. Si l’intérêt de ce document, qui correspond à des pièces jouées ou publiées entre 1621 et 1636, n’est pas contestable,…

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