Faut-il reconstruire les Tuileries ?


14/2/04 – Patrimoine – Paris – Un article du Figaro du 14 février 2004 annonce la création d’un Comité National pour la reconstruction du Palais des Tuileries. On y apprend que le projet a été lancé par l’Académie du Second Empire et que le député, Bruno Bourg-Broc et le sénateur Serge Mathieu ont posé des questions écrites sur ce sujet qui ont fait l’objet d’une « réponse bienveillante » de Jean-Jacques Aillagon1.
Brûlé par la Commune, le Palais des Tuileries aurait pu être reconstruit aisément (au moins pour son aspect extérieur) car le gros œuvre avait survécu à l’incendie. Mais la destruction stupide de ces ruines, en 1882, a fait disparaître définitivement ce monument qui refermait sur lui-même l’ensemble architectural du Louvre.
S’il faut évidemment regretter la perte des Tuileries, ce projet de reconstruction apparaît totalement aberrant. Alors que des milliers de monuments historiques sont au bord de la ruine, faute de crédits, comment peut-on seulement imaginer dépenser 300 millions d’euros pour reconstruire un bâtiment du XVIe siècle détruit au XIXe ? Si l’on veut absolument reconstruire un monument historique, nous suggérons l’hôtel de Voyer d’Argenson2, honteusement démoli en 1923 par la Banque de France, son propriétaire. Entièrement démonté, il pourrit doucement, avec son décor sculpté et ses décors peints, notamment un grand plafond par Antoine Coypel, dans un dépôt à Asnières.


Didier Rykner, samedi 14 février 2004


Notes

1En réalité, si la réponse du Ministre est bienveillante, cela ne signifie pas qu’il approuve ce projet. Ses arguments paraissent d’ailleurs assez sensés. Voir le texte de la question et de la réponse à Bruno Bourg-Broc sur le site de l’Assemblée Nationale (taper "reconstruction" dans le cadre du haut, puis rechercher le nom de Bruno Bourg-Broc dans la case "auteur", puis cliquer sur "envoyer".) La réponse à la question de Serge Mathieu est identique.

2Voir notamment le catalogue de l’exposition Augustin Pajou, Musée du Louvre, 1997/1998, p. 85-99 et le livre de Nicole Garnier, Antoine Coypel, Arthéna, 1989, p. 161 et 162, fig. 308 à 339





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