Exposition sur le XIXe siècle à la galerie Talabardon & Gautier


18/12/08 – Marché de l’art – Paris – Jusqu’au 31 décembre, la galerie Talabardon-Gautier à Paris présente sa traditionnelle exposition annuelle consacrée au XIXe siècle. Elle est accompagnée à son habitude d’un catalogue particulièrement riche où chaque œuvre est étudiée de manière détaillée.

On se contentera ici de citer quelques unes d’entre elles, dans un choix subjectif, en commençant par une petite terre cuite de David d’Angers (ill. 1), préparatoire au monument à Bichat élevé à Bourg-en-Bresse en 1843. On admirera la manière dont le sculpteur utilise la terre pour dépeindre avec virtuosité la texture des vêtements du médecin, qui accroche la lumière. Au contraire, il stylise l’enfant dont le canon et les proportions ne sont pas du tout réalistes. On retrouve ici une déformation expressive de l’anatomie caractéristique de David d’Angers qu’on peut retrouver, par exemple, dans certains de ses bustes.


1. Pierre Jean David,
dit David d’Angers (1788-1856)
Bichat, 1841
Terre cuite - 26,6 x 15,5 x 16,7 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier

2. Camille Corot (1788-1856)
En Forêt de Fontainebleau, vers 1845-1850
Huile sur toile - 54,5 x 40 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier


Le chef-d’œuvre de cet accrochage est sans doute le tableau de Camille Corot (ill. 2). Peint dans la forêt de Fontainebleau à un endroit qui n’a pas été localisé exactement, cette œuvre est située dans les années 1845-1850, soit plus de vingt ans après celle récemment acquise par le musée de l’Ecole de Barbizon (voir brève du 14/12/08). La présence d’un pin, à droite de la compositin, aide à la datation car cette essence ne fut introduite dans cette forêt que sous la Monarchie de Juillet.

On peut voir également des œuvres d’artistes moins connus mais toujours choisies avec un goût parfait. C’est le cas par exemple des trois études de paysage d’Emile Loubon (ill. 3), du Chantier du Sacré-Cœur de Montmartre par Victor Dargaud (vers 1850-1921) qui, outre sa qualité est passionnant sur le plan documentaire ou de La Baie de Naples de Louis-Auguste Lapito (1803-1874).


3. Emile Loubon (1809-1863)
Etude de nuages
Huile sur papier marouflé sur toile - 33,5 x 49 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier

4. Léon Bonvin(1834-1866)
La Plaine de Vaugirard, 1856
Fusain - 17,3 x 26,5 cm
Paris, Fondation Custodia
Photo : Galerie Talabardon & Gautier


Au dernier Salon du Dessin, la galerie présentait un fusain de Léon Bonvin, aussitôt acquise par la Fondation Custodia (et dont nous devrions parler dans une prochaine brève). Une autre feuille de cet artiste, non moins belle [nous avons appris après avoir publié cet article, qu’il s’agit, en réalité, de la même œuvre vendue par la galerie Talabardon & Gautier à la Fondation Custodia, qui l’a prêtée à l’occasion de cette exposition !], est ici exposée (ill. 4). Même si la comparaison est facile, il faut évidemment prononcer à son propos le nom de Seurat tant la technique évoque les dessins de cet artiste. Cette Plaine de Vaugirard a pourtant été exécutée trois ans avant sa naissance...

5. Emile Reiber (1826-1893)
Bibliothèque pour le Vatican, 1878
Plume, encre de Chine, aquarelle - 71 x 112,5 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier



Deux œuvres sont impressionnante par leur monumentalité. La première est un grand panorama de Sébastopol, dû au très peu connu Henri Durand-Brager (1814-1879). Large de 2,70 sur une hauteur de 56 cm, il représente le siège de la ville vu du côté des batteries anglaises. Napoléon III avait commandé au peintre un ensemble de toiles du même sujet mais sur le front français. Ces œuvres , exposées au Salon de 1857, sont conservées à Versailles.
La seconde est le projet d’une bibliothèque par Emile Reiber pour le Vatican (ill. 5) où ce meuble, long de 6 mètres, réalisé par la Maison Christofle, est toujours conservé.

6. Lucien-François Feuchère (vers 1760-vers 1841)
Hommage au comte de Paroy
Bronze doré, lapis-lazuli - 19,3 x 35 x 1,5 cm
Paris, Galerie Talabardon & Gautier
Photo : Galerie Talabardon & Gautier

On conclura sur l’Hommage au comte de Paroy par Lucien-François Feuchère (ill. 6), membre d’une illustre dynastie de sculpteurs et de fondeurs. Ce bas-relief en bronze et lapis-lazuli célèbre Jean-Philippe-Guy Le Gentil, compte de Paroy, un homme aux multiples talents, collectionneur, dessinateur et graveur, mais aussi industriel (il créa l’un des premières manufactures de faïence fine en France) et inventeur.
Comme nous l’a signalé Bertrand Gautier, le récent catalogue de l’exposition des bronzes français au Louvre signale qu’en 1803, Paroy vendit à Charles IV d’Espagne sa collection de 98 bronzes. Feuchère travaillant pour Charles IV, on peut penser que cet hommage a pu lui être rendu à cettte occasion, ce relief lui aurait alors été offert au comte par le roi.

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Didier Rykner, jeudi 18 décembre 2008



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